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Entretien avec Ragnar Jónasson à propos de Sigló

A l’occasion d’un entretien pour le site Livreshebdo.fr (voir l’article), Ragnar Jónasson, contraint d’annuler sa tournée promotionnelle en France, fait quelques révélations.

Son nouveau roman, Sigló (voir la fiche du roman), de la série Ari Þór, paraît en exclusivité en France, deux mois avant sa sortie en Islande. C’est une manière, pour l’auteur, de remercier la fidélité des lecteurs français.

Ragnar jonassson

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Album Photos de Sigló, de Ragnar Jónasson

SIGLÓ (Vetrarmein) de Ragnar Jónasson

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Sigló (Vetrarmein) de Ragnar Jónasson

SIGLÓ (Vetrarmein)

Ragnar Jónasson

001 15 ♦♦♦♦♦

ALBUM PHOTOS

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La présentation de Sigló, le tome 6 de la série Ari Þór

Comme déjà annoncé, c’est en France que paraîtra, en première mondiale, Sigló, le sixième opus traduit de la série Ari Þór, qu’on doit à Ragnar Jónasson. L’auteur a tenu à cette exclusivité en guise de remerciement de l’enthousiasme et de la fidélité des lecteurs français.

Pour la première fois, donc, un roman de Ragnar n’est pas traduit de l’anglais au français, mais directement de l’islandais. C’est grâce au travail et au talent de Jean–Christophe Salaün, que nous pourrons bénéficier de ce cadeau, dès le 3 septembre prochain, aux éditions de La Martinière.

 

Siglo

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Polars en Islande

De futurs auteurs de polars islandais ? Sur les traces de Ian Manook, déjà à l’origine de deux romans sur l’Islande (Heimaey et Askja), des écoliers du Val d’Oise ont écrit un recueil de nouvelles policières, ayant pour cadre, l’Islande. La relève est donc assurée !

 

Ci–dessous, l’article du site Actu.fr, du 19 juillet 2020.

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L'intégrale de la Trilogie des Ombres

Les Editions Métailié regroupe les trois ouvrages de La Trilogie des Ombres, dans un seul recueil, paru en e-book, le 13 juillet 2020:

La Trilogie des Ombres; L'intégrale

Il regroupe, par ordre de parution en France:

9791022611152 1 75

 

 

Sigló, un polar en avant–première pour les lecteurs francophones.

Selon le site bepolar.fr, c’est pour remercier ses lecteurs français, avec lesquels il entretient des rapports privilégiés, que Ragnar Jónasson publiera Sigló, le sixième tome (pour la France) de la série Ari Þór (Dark Iceland), le 3 septembre 2020, en avant–première mondiale, deux mois avant sa sortie en Islande.

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Trahison (Svik) de Lilja Sigurðardóttir

TRAHISON (Svik)

Lilja Sigurðardóttir

Trahison ♦♦♦

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Absolution (Aflausn) d’Yrsa Sigurðardóttir

ABSOLUTION (Aflausn)

Yrsa Sigurðardóttir

Absolution 2 ♦♦♦♦♦

 

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Baltasar Kormákur reprend le tournage de Katla, le « drame volcanique surnaturel »

Baltasar Kormákur reprend le tournage de Katla, le « drame volcanique surnaturel »

Icelandreview, 30 mai 2020

Baltasar Kormákur devrait reprendre le tournage de sa série en huit épisodes, pour Netflix, Katla. Présentée comme « un drame volcanique surnaturel », la série regroupe Guðrún Ýr Eyfjörð, plus connue sous son nom de chanteuse, GDRN, Íris Tanja Flygering, Ingvar Sigurðsson, Þorsteinn Bachmann, Sólveig Arnarsdóttir et les acteurs suédois Aliette Opheim et Valter Skarsgård. Le réalisateur de Everest réalise cette série grâce à sa propre maison de production, RVK.

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Absolution: la couverture et la présentation de l'éditeur

Absolution, le troisième volume de la série Freyja et Huldar, d'Yrsa Sigurðardóttir, sort chez Actes Sud, le 3 juin 2020.

Absolution

 

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Décès de Maj Sjöwall, l’inspiratrice des polars nordiques

Arnaldur Indriðason le répète souvent ; c’est par la lecture des romans policiers de Maj Sjöwall et son mari Per Wahlöö, qu’il a été inspiré dans la rédaction de ses polars. Et il n’est pas le seul à revendiquer cette inspiration, parmi les auteurs scandinaves. Ce 29 avril dernier, Maj Sjöwall est allée rejoindre son mari, décédé prématurément en 1979.

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Voici le très bon article d’Isabelle Soler, paru le 1er mai, sur le site de TV5 Monde.

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LE JEU EPISODE 14

Eva m’emmène dans le salon, et j’aperçois l’énorme reproduction d’une photo de notre mariage suspendue au-dessus de la petite statue de Bouddha sur la cheminée. Nous rions aux éclats, main dans la main sur le perron de la Fríkirkjan, l’église indépendante de Reykjavík.

– Nous n’avons pas pu fêter notre anniversaire de mariage à cause de la quarantaine, dit Eva. Mais, ce soir, j’ai réservé une table dans un restaurant très chic. Il n’y aura pas d’autres clients. Ils ouvrent uniquement pour nous.

J’ai envie de secouer la tête, de hurler non, non, non aussi fort que possible. De prendre la fuite. Mais au lieu de cela, je continue de l’écouter, incapable de faire le moindre mouvement.

– Dès le mariage, je me suis dit qu’il fallait que notre premier anniversaire soit mémorable. Je voulais t’offrir quelque chose que tu n’oublierais jamais. La preuve de l’amour que je te porte. Quelque chose qui mettrait fin à ta jalousie, une bonne fois pour toutes. Et qui nous unirait pour l’éternité.

– Qu’est-ce que… ? Comment… ?

N’arrivant pas à formuler un seul mot, je me contente de marmonner.

– Le soir où je suis allée au marché de nuit avec Alex, nous avons fait une petite balade dans le noir. Nous avons traversé le pont en bambou et nous avons longé la rivière. Alex croyait sans doute qu’il se passerait quelque chose entre nous, mais c’est là que j’ai sorti mon cutter. En l’attrapant par-derrière, j’ai passé la lame sur son cou, d’un geste rapide pour ne pas me faire asperger de sang. C’était incroyablement facile. Et en même temps tellement fou. La sensation la plus folle que j’aie jamais éprouvée.

Eva se dirige vers la cheminée et dépose un baiser sur la petite statue de Bouddha.

Rien de tel qu’un secret pour unir les gens. Eva a raison. Et elle a bel et bien su me convaincre qu’elle m’aime. À sa manière. Reste à savoir si j’ai envie de cet amour. Si j’aime encore Eva, après tout ça ? Il y a un an, je lui disais « oui », lui promettais de l’aimer pour l’éternité, pour le meilleur ou pour le pire. Mais le contrat a changé. Eva n’est pas celle que je croyais.

– J’ai tué Alex pour toi, dit-elle, le regard pétillant. Joyeux anniversaire de mariage, mon amour. Pendant tout notre voyage de noces au Laos, je n’ai cessé de réfléchir à ce que je pourrais t’offrir et, quand j’ai remarqué que tu ne supportais pas Alex, je me suis dit que ce qui te ferait le plus plaisir, c’est d’imaginer son corps pourrissant dans une tombe quelque part.

Voyant le désespoir sur mon visage, elle reprend :

– Pourquoi tu fais cette tête ? Tu devrais être aux anges ! Ce n’est que notre première année ensemble. Ce n’est que le début…

La peur n’est pas le bon mot pour décrire mon état d’esprit à cet instant. L’effroi serait plus proche. Un à un, les indices ont mené à cette conclusion que je n’aurais jamais pu imaginer. Le Jeu s’achève. À vous de choisir sa fin. Qu’est-ce que je dois faire ?

 

EPISODE 13

LE JEU EPISODE 13

Ce matin, au réveil, le cadeau m’attend sur la table de la cuisine. Ce beau paquet dont Eva a mis la photo dans le cadre de mon bureau. Avec son ruban jaune. Il semble plus petit en vrai. Je le soulève. Il est léger, et il émet un léger bruit métallique lorsque je le secoue.

Je souris et m’assieds. J’envoie un baiser de la main à Eva, puis dénoue le ruban avec prudence. Le paquet est trop soigné pour que je l’arrache brusquement. À l’intérieur, un petit coffret à bijoux. Je lève les yeux vers Eva qui m’offre son plus beau sourire, puis j’ouvre le coffret. Mon rythme cardiaque s’accélère tandis que j’observe son contenu qui scintille. Une chaîne en or enroulée sur elle-même.

Je la prends et la déroule. Elle est composée de mailles plates de forme singulière que je reconnais immédiatement. C’est la chaîne en or d’Alex.

J’ouvre la bouche, mais les sons refusent de sortir. Je me racle la gorge à deux reprises avant de lâcher la question qui m’obsède comme un cauchemar à vrai dire depuis plusieurs jours.

– Eva, c’est toi qui as tué Alex ?

 

EPISODE 12          EPISODE 14

LE JEU EPISODE 12

Le code fonctionne, j’ai honte de ne pas y avoir pensé plus tôt. 2403, le 24 mars, date de notre mariage. Exactement une semaine après la Saint-Patrick. Le téléphone se déverrouille avec un petit clic. J’ouvre l’application photos et, alors que je m’apprête à chercher des clichés de notre voyage de noces, j’aperçois un album intitulé Alex. Ce sont toutes des photos du Laos datant de la semaine où nous y étions. J’avais bien remarqué qu’Eva passait son temps à mitrailler Alex, mais quand même pas à ce point…

La plupart des décors me sont familiers, je peux facilement dire de quand datent ces clichés, à l’exception de quelques-uns que je ne reconnais pas et qui semblent avoir été pris au cours d’une seule soirée. Parmi eux, des photos du marché de nuit situé à deux pas de l’hôtel.

Il y a d’abord un selfie d’Eva et Alex. Deux visages joyeux sur fond de lanternes colorées. Sur une autre photo, Alex a un verre à la main. Un cocktail vert avec un bouquet de feuilles de menthe qui dépasse et une demi-rondelle d’orange en équilibre sur le bord. Enfin, une photo d’Alex qui tient la statue de Bouddha.

Je retourne en arrière et remarque un autre album nommé Robin. Je l’ouvre, me dis que son prénom va bien avec ses cheveux roux. Les photos remontent à plus de deux ans. C’est l’ex d’Eva. Robin a connu une fin tragique dans un accident bien avant notre rencontre. Je n’aime pas le fait qu’elle ait gardé ces photos.

Enfin, il y a un troisième album. Qui porte mon nom.

Notre quarantaine a été levée, mais je n’ai plus envie de sortir. Dehors, c’est la vie qui nous attend, ou l’écho d’un passé révolu, et je n’ai pas le courage de m’y confronter. Peut-être que c’est ce syndrome du lion en cage dont Lilja m’a parlé, peut-être que l’enfermement a fini par me faire sombrer dans la folie.

Je me décide à descendre dans la cuisine lorsque la faim me tenaille. Eva y est assise, sirotant calmement un café, plongée dans un livre. Elle ne dit rien mais me suit du regard pendant que j’ouvre les placards en quête d’un petit-déjeuner. Je vide dans un bol le peu de céréales qu’il reste et le mélange à un fond de muesli avant de verser du lait dessus. Je me contrefiche de ce que je mange.

Lorsque je m’assieds sur ma chaise, je remarque un morceau de bande jaune noué à son pied. Je lève les yeux sur Eva, et je vois quelque chose qui scintille dans son regard. Cette lueur étrange. L’étincelle qui annonce le danger. Et, cette fois, elle ne me donne plus de papillons dans le ventre, juste une sensation de nausée.

Je détache la bande jaune du pied de la chaise et l’observe de plus près. Dessus, il est écrit : CRIME SCENE DO NOT CROSS.

– Qu’est-ce que c’est que ça ? dis-je d’une voix sèche que je ne contrôle pas.

Eva me sourit et me répond avec douceur. Comme si elle expliquait quelque chose à un enfant.

– Je suis retournée sur les lieux après notre croisière sur le Mékong. Quand tu dormais. Dans le noir, après le départ de la police. Et j’ai coupé un morceau de leur bandeau. Pour toi.

– Pourquoi aurais-je envie d’avoir ça ?

– Tu comprendras demain, mon cœur, dit Eva.

Elle me sourit, mais ce sourire qui d’ordinaire me fait fondre provoque l’effet opposé et un frisson glacial m’envahit.

Je fonce dans la chambre et claque la porte derrière moi.

 

EPISODE 11          EPISODE 13

LE JEU EPISODE 11

J’aperçois un cutter dans le tiroir à couverts alors que je vais prendre une cuillère pour ma crème glacée. Lentement, je le soulève et l’observe. À ce moment-là, Eva arrive dans la cuisine pour se chercher un dessert. Elle ne dit rien, me regarde avec une expression insondable. C’est alors que je comprends. Le cutter est l’indice du jour.

Je le connais, du moins je crois. Je l’ai acheté lors de notre escale à Bangkok au cours du voyage vers le Laos, car la fermeture d’une de mes valises s’était coincée et nous avions dû la découper. Je ne l’ai pas revu depuis ce jour.

– Je ne veux pas savoir ce que ça signifie, dis-je.

Je remets le cutter dans le tiroir, comme s’il était tout naturel de le ranger parmi les couverts, je prends mon bol de glace et monte dans la chambre.

Eva me suit et, arrivée en haut, me prend dans ses bras par-derrière, me serrant si fermement que je sens son cœur battre contre mon dos.

– Comment Alex a pu penser que je serais capable de te trahir ? murmure-t-elle. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée. Alex était stupide.

Je la repousse, et j’essaie d’ignorer le malaise que sa proximité provoque en moi. Pourquoi dire du mal d’Alex à présent ? Et que signifie ce cutter ?

– Tu devrais dormir dans la chambre d’amis ce soir, dis-je.

Elle retrouve son sourire mystérieux et cette étrange lueur dans le regard qui me fait toujours peur. Encore plus maintenant. Sans se départir de son sourire, elle prend sa chemise de nuit, son oreiller et quitte la chambre. Je ferme la porte à clé derrière elle.

J’entends ses pas s’éloigner dans le couloir, puis la porte de la chambre d’amis qui se ferme. En me retournant, je m’aperçois qu’elle a oublié son téléphone sur le lit. Je l’attrape, ne sachant pas trop quoi en tirer. Des réponses à mes questions, peut-être. J’appuie sur le bouton, l’écran s’allume et fait apparaître une photo d’Eva et moi. Un selfie pris le lendemain de notre mariage où, côte à côte sur le lit, nous sourions à l’objectif. Une sensation de chaleur m’envahit en revoyant cette photo, et j’apprécie le fait qu’Eva l’utilise comme fond d’écran. J’appuie de nouveau sur le bouton, le téléphone me réclame un code d’accès. Quatre chiffres.

J’essaie sa date d’anniversaire, la mienne. Rien ne fonctionne. Vous avez des idées ?

 

EPISODE 10          EPISODE 12

Le Jeu de Lilja Sigurðardóttir

En cette période de confinement, Lilja Sigurðardóttir propose un polar inédit, LE JEU, écrit sous forme d’un feuilleton et que nous devons aux éditions Métailié et aux habiles et rapides traductions de Jean-Christophe Salaün. 

Retrouvez tous les épisodes ci-dessous.

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LE JEU EPISODE 10

Eva ne cesse de parler de danger pendant que nous jouons à Risk, que j’ai retrouvé à mon réveil ce matin. Elle l’avait rangé dans le placard de l’entrée, et je l’ai aperçu en prenant mon manteau pour aller faire un tour. J’avais demandé à Eva de ne pas m’accompagner, j’avais besoin de solitude. De réfléchir. Sa révélation d’hier m’a fait perdre mes moyens. C’est extrêmement désagréable de voir ses soupçons confirmés.

À mon retour, elle avait débarrassé la table de la salle à manger et installé Risk, auquel nous jouons à présent. Un jeu dont l’issue est la conquête du monde ou la mort. Un peu comme la personnalité d’Eva.

À cet instant, alors que je la regarde en face de moi, ce n’est plus de la tendresse que j’éprouve pour elle, mais du ressentiment. Pour elle et son putain de jeu qui m’ont fait replonger dans une jalousie sans fond. Avant de m’annoncer de but en blanc que l’objet de ma jalousie n’est de toute façon plus de ce monde.

– Aimer est un jeu dangereux, dit-elle avec douceur. Et je ne fais qu’ajouter au danger avec le Jeu. Je cours le plus gros risque de ma vie.

Eva gagne, comme d’habitude. La stratégie est son point fort. Jouer contre elle dans un jeu de conquête pourrait s’apparenter au combat de l’OMS contre le Coronavirus. On n’a aucune chance.

J’ai juste envie de sortir. Pas seulement me balader, mais voir du monde. Du normal, de l’ordinaire auquel me confronter. Comparer mes pensées, mes émotions à celles des autres, trouver un point de repère pour comprendre si je suis aux frontières de la folie ou pas.

 

EPISODE 9          EPISODE 11

 

LE JEU EPISODE 9

J’ai donc interrogé l’amie d’Alex, une certaine Úa. Je n’ai pas pu m’en empêcher. Elle semblait méfiante au début, elle voulait s’assurer que je n’étais pas journaliste, mais une fois ce cap passé, elle s’est révélée très agréable. J’ai prétendu avoir connu Alex au lycée, et elle m’a raconté sa mort.

Après notre conversation téléphonique, je me demande pourquoi j’ai menti. J’aurais très bien pu dire la vérité, qu’Alex et moi avions logé dans le même hôtel au Laos pendant une dizaine de jours. La semaine précédant sa mort. Mais quelque chose me disait qu’il valait mieux me taire et, maintenant qu’Úa m’a expliqué qu’on avait égorgé Alex, je m’en félicite. Je n’ai pas envie de me mêler à cette histoire.

J’enfile des gants de vaisselle pour ramasser le courrier au pied de la porte et je fais le tri. Après avoir mis de côté les factures, qui peuvent attendre, j’aperçois une carte postale. Elle ressemble en tout point à celles que la réception de l’hôtel au Laos mettait gratuitement à disposition des clients. Celle-ci présente une belle photo du parc de l’établissement, avec la piscine dont l’eau est d’un bleu trop vif et le jardin où des palmiers ont été photoshopés. J’hésite, puis me force à la retourner.

C’est Eva qui a dû déposer cette carte postale dans le tas de courriers, car elle n’a pas de timbre. Juste un message écrit à la main :

Merveilleuse Eva,
Je t’attends chambre 203,
XXX Alex

Elle descend l’escalier au même instant, et je m’écrie :

– Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi tu me tortures avec ces choses dont je ne veux rien savoir ?

– Bien sûr que si, tu veux savoir, réplique Eva. Tu veux savoir qu’Alex ne flirtait pas innocemment. Derrière tout ça, c’était sérieux. Alex voulait vraiment me mettre dans son lit. Il faut que tu le saches pour ce qui va venir. Pour la suite du Jeu.

 

EPISODE 8          EPISODE 10

LE JEU EPISODE 8

Lilja nous apporte des provisions. Respectant les règles de la quarantaine, elle reste sur le perron pour me parler. J’ai envie de lui raconter le Jeu. De lui dire de m’en libérer, aussi fou que cela puisse paraître. Le Jeu est beaucoup plus important dans ma tête que ne pourrait le comprendre quelqu’un qui ne vit pas dedans depuis huit jours.

– Tout va bien ? me demande-t-elle, le regard inquiet. Tu n’as pas bonne mine. Je hausse les épaules, marmonne que j’ai mal dormi.

– Faites attention à vous, dit-elle. En quarantaine, on peut vite se sentir comme un lion en cage. Sortez, vous dégourdir les jambes. C’est le meilleur conseil que je puisse vous donner.

Lilja se fait toujours du souci. Elle n’a jamais aimé Eva, bien qu’elle le garde pour elle. J’étais avec elle au Pub irlandais le soir de notre rencontre, elle se sent donc un peu responsable de cette relation. Comme si elle avait en quelque sorte écrit notre destin. Je la remercie de nous avoir fait des courses et la salue. Je dois ravaler la boule dans ma gorge tandis qu’elle prend place derrière le volant de sa voiture et s’en va.

Les provisions rangées, je m’assieds devant l’ordinateur et retourne sur la page Facebook d’Alex pour voir les autres publications. Parmi elles, un message d’une dénommée Úa qui affirme qu’on a assassiné Alex.

Cliquant sur son nom, je lui envoie une demande d’amitié. Devrais-je également lui écrire pour en savoir plus ? Ou bien dois-je laisser cette histoire derrière moi, arrêter d’y penser ? Qu’en dites-vous ?

 

EPISODE 7          EPISODE 9