Le lagon noir (Arnaldur Indriðason)

LES LIEUX

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Lagon noir

Pour écoutez les musiques sur lesquelles on dansait en 1953, rendez-vous dans les musiques d'Arnaldur.

La centrale de Svartsengi :

La centrale de Svartsengi est détenue par HS Orka, compagnie islandaise de production et de distribution d’énergie. Cette compagnie, qui appartenait aux municipalités de la péninsule de Reykjanes, fut rachetée, en 2010, suite à la crise financière, par le canadien Magma Energy, malgré la protestation de nombreux Islandais, parmi lesquels la chanteuse Björk. En 2011, Magma Enerdy fusionna avec Plutonic Power pour donner naissance à la compagnie Alterra Power, basée à Vancouver.

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En 1969, la ville de Grindavik étudia la possibilité d’une centrale géothermique sur la lande de Svartsengi, notamment pour le chauffage urbain. En 1971 et 1972, deux forages furent effectués. Ils révélèrent une température très élevée de l’eau, 200°C à un kilomètre de profondeur ainsi qu’un relatif taux de salinité. L’eau ne pouvait donc pas être utilisée tel quel et un échangeur de chaleur devrait être installé. En 1974, la compagnie Hitaveita Suðurnesja fut créée pour gérer la construction et l’exploitation d’une centrale dans ce secteur. La première centrale fut mise en service en 1977. Il fut, tout de suite, décidé d’installer quatre échangeurs de chaleur, au lieu des deux initialement prévus. La centrale ne cessa plus, désormais, de s’agrandir avec la construction de six bâtiments au total. Elle comprend aujourd’hui vingt puits géothermiques, d’une profondeur maximale de deux kilomètres, pour une capacité électrique de 76,5 mégawatts et thermique de 150 mégawatts. L’eau utilisée est refroidie à environ 40° et alimente le site du lagon bleu.

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Le lagon bleu :

Le lagon bleu, en islandais Bláa Lónið, ou Blue lagoon, dans sa version commerciale est une station thermale, installée autour du lac artificiel, créé par les rejets d‘eau de la centrale géothermique de Svartsengi. Le lac, d’une longueur de 200 mètres, se situe dans une zone volcanique, au milieu d’un champ de lave. L’eau, riche en silice, est refroidie à une température comprise entre 30° et 39°. Les dépôts rendent le sol imperméable et permettent la pérennité du lac. Revers de la médaille, la centrale est obligée de creuser de nouveaux bassins de décantation dans le champ de lave.

La couleur bleu turquoise du lagon est due aux algues bleu-vert. La salinité du lac est de 2,5 %, contre 3,4 % pour l’eau de mer toute proche. Ses eaux sont réputées pour soigner les maladies de peau, comme le psoriasis ou l’eczéma.

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La partie non-aménagée du lac.

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Le lagon bleu avec la centrale géothermique en arrière-plan.

 

La base américaine de Keflavik:

Pour de plus amples informations sur cette base, reportez-vous à l’article, accompagné de photos, écrit à l’occasion du roman Opération Napoléon.

La base américaine de Thulé :

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La base aérienne américaine de Thulé se trouve au Groenland, à 1524 km du pôle nord. Elle constitue un élément essentiel de la détection des missiles balistiques.

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Station d’alerte précoce des missiles balistiques.

Elle abrite une piste de 300 mètres, qui accueille 2600 vols militaires par an. Elle sert aussi de station se surveillance des satellites.

Dès 1941, le Danemark autorisa les autorités américaines à implanter une base au Groenland. Deux ans plus tard, la base de Thulé fut opérationnelle. Membre de l’OTAN, la monarchie scandinave permit l’agrandissement de la base. La population locale, représentée par le Conseil des Chasseurs, ne fut pas consultée. Les 187 Inuits furent déportés 150 km plus au nord, dans le village de Qaanaaq, ou Nouvelle Thulé, à partir de mai 1953.

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Les Américains procèderont de même avec les Chagossiens de l’océan indien, pour installer la base de Diego Gracia (voir, sur ce thème, la série d’articles du journal Témoignages, sur http://www.temoignages.re/chagos ). Les Inuits de Thulé ne furent dédommagés qu’en 1999 !

L’occupation du site se fit en violation totale des accords passés avec le gouvernement danois, concernant l’utilisation et le stockage de matières nucléaires. Les autorités danoises reconnaîtront, bien plus tard, qu’elles étaient au courant et avaient donné leur feu vert. Des années 50 aux années 80, les Américains maintiendront des bombardiers stratégiques, dotés d’armes nucléaires.

Durant l’hiver 1956-1957, l’US Air Force effectua des vols reconnaissance au-dessus du territoire soviétique, à partir de Thulé. La base servit de principal soutien pour la construction du camp Century, creusé dans la glace, à 250 km de là. Ce camp, en fonction de 1959 à 1967, hébergeait des missiles nucléaires, prêts à être tirés sur l’URSS, alors qu’à cette époque, e la portée des missiles balistiques américains ne le permettait pas, d’une base située sur le territoire des Etats-Unis. Camp Century était alimenté par un réacteur nucléaire portable.

Le 21 janvier 1968, un bombardier B-52 s’abîma dans l’océan arctique. Trois bombes nucléaires se pulvérisèrent sur la banquise et en mer. Une quatrième bombe ne fut jamais retrouvée et gît probablement au fond de l’eau. Beaucoup d’Inuits, réquisitionnés pour participer aux opérations de nettoyage, après la catastrophe, moururent des suites de l’exposition aux radiations.

La base de Thulé est toujours en fonctionnement.

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Les avions de la base de Keflavik :

Arnaldur évoque quelques avions militaires présents sur la base de Keflavik :

12 1 Le F-4 Phantom

13 1 Le F-16 Fighting Falcon

14 Le C-130 Hercules

15 Le P3-Orion de Lockheed

 

Kamp Knox

Les baraquements constituaient un véritable bidonville dans Reykjavik.

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