Opération Napoléon (Napóleonsskjölin) 2

Pour compléter le roman, je vous propose trois articles à lire ci-dessous, sur:

  • La base de l'OTAN à Keflavik.
  • L'entrainement de Neil Armstrong en Islande.
  • La prétendue fuite d'Hitler en Amérique du sud.

La base de l’OTAN de Keflavík.

La base de Keflavík fut d’abord une base de l’armée américaine durant la seconde guerre mondiale (voir à ce propos, l’article autour de… La femme en vert). En 1951, le site fut transféré à l’OTAN, à laquelle l’Islande adhéra deux ans auparavant, constituant le centre de la force de défense d’Islande, puisque le pays ne possède pas d’armée. La base ferma le 8 septembre 2006 et ses installations furent reprises par l’agence de défense islandaise jusqu’à la dissolution de cet organisme, le 1er janvier 2011. Depuis, elle est utilisée par les garde-côtes.

Flag lowering iceland 8 septembre 2006, le drapeau américain cède la place aux couleurs islandaises.

                A l’époque de l’OTAN, si la base recevait des troupes canadiennes, norvégiennes ou danoises, la plus grande part était constituée par les forces américaines, notamment le 85ème groupe de l’US Air Force.

Usaf iceland

Environ 900 civils islandais travaillèrent à la base. Cependant, en plaine guerrre froide, le commandement se méfia de ces recrues civiles, qui pouvaient cacher des espions à la solde des Soviétiques. L’URSS, d’ailleurs, construisit à Reykjavík, l’une de ses plus grandes ambassades au monde.

Embassy L'actuelle ambassade de la Fédération de Russie, à Reykjavik.

Lorsque l’aéroport international fut transféré de la banlieue de Reykjavík à Keflavík, les risques d’espionnage s’accrurent. Au milieu des années 80, un nouveau terminal commercial fut ouvert, à l’opposé des installations militaires.

800px nas keflavik aerial of hangars 1982   800px p 3c orion vp 56 at nas keflavik 1977

                La présence de cette base ne fut pas acceptée sans protestations de la part d’une partie de la population, dans un pays réputé comme paisible et pacifique. Si la présence des militaires américains était bénéfique pour le commerce et les emplois locaux, de nombreux Islandais s’opposèrent à cet état de fait qu’ils ressentaient comme imposé par la superpuissance à la petite nation du nord. De nombreuses manifestations, parfois violentes, eurent lieu devant la base, notamment des forces politiques de gauche, dont certaines lorgnaient vers Moscou.

                Depuis le départ des derniers soldats étrangers, les tensions se sont largement apaisées et seules les traces « culturelles » américaines (mode, musique et autres fast-foods) subsistent.

                Cependant, en septembre 2015, face au retour des tensions avec la Russie, des officiels américains ont exprimé le souhait d’une réouverture de la base militaire.

 

Les futurs conquérants de la lune s’entrainent en Islande.

                Les champs de lave qui s’étendent sur de vastes régions de l’Islande, donnent au paysage un aspect lunaire. Les Américains le comprirent vite et c’est pourquoi, en 1965 et en 1967, les astronautes de la NASA, qui se préparaient pour le premier alunissage, vinrent en Islande. Ils s’entrainèrent dans la région de Myvatn, où ils trouvèrent un environnement similaire à celui qui devait prévaloir sur notre satellite naturel.

Askja 1   Askja 2

Le point d’orgue de leur voyage, fut la visite de la caldeira d’Askja, site de multiples éruptions volcaniques.

Askja02

Des douze hommes, qui marcheront un jour sur la lune, neuf, parmi lesquels Neil Armstrong et Buzz Aldrin, vinrent en Islande.

                En 1967, pour la venue des astronautes, la compagnie aérienne nationale, Loftleidir, s’offrait une page complète dans le New York Times, avec une lettre de bienvenue du président de la république, Ásgeir Ásgeirsson. On expliquait aux lecteurs américains que les Islandais, menés par Leifur Eiríksson, découvrirent le nouveau monde et que l’espace constituait désormais la nouvelle frontière à conquérir, pour laquelle les astronautes marchaient sur les pas des découvreurs islandais.

A photograph of the astronauts in iceland

X = Neil Armstrong

The back page of morgunbladid july 5 1967 neil armstrong on the left talks to prime minister bjarni benediktsson 

La une du Morgunblaðið sur la visite du premier ministre islandais, Bjarni Benediktsson, aux astronautes américains.

                Les communistes étaient furieux de cette présnece. L‘écrivain de gauche, Heimir Pálsson, écrivait à ce propos : « J’étais alarmé cet été là, quand un groupe d’étrangers, envoyés pour prouver comment l’expansionnisme humain peut s’étendre jusqu’à l’espace, appelés astronautes, vinrent en Islande. Sitôt qu’il fut annoncé que ces hommes allaient venir dans le pays, sur un avion islandais, la compagnie aérienne acheta une page publicitaire dans l’un des plus importants journaux au monde. Et qui d’autre que le président de la république, pour écrire un message de bienvenue ! »

                Les quelques habitants de la région d’Askja, gardèrent longtemps le souvenir de Neil Armstrong, personnage sympathique et discret, qi aimait pécher dans les rivières du coin. Une opération clandestine permit même d’approvisionner les astronautes américains en Brennivín, l’alcool local parfumé au carvi et surnommé svarti dauði , la mort noire !

                Sûr que la date du 21 juillet 1969, premier pas de l’Homme sur la lune, prit un relief particulier sur les champs de lave d’Islande.

 

La fuite d’Hitler en 1945

Selon l’histoire officielle, Hitler s’est suicidé le 30 avril 1945, en compagnie de sa femme, juste épousée, Eva Braun, au cœur du bunker de Berlin, alors que la ville est envahie par les soldats soviétiques. Afin de ne pas voir son corps profané comme celui de Mussolini, deux jours avant, le Führer donna l’ordre de brûler ses restes. Cette action empêcha alors toute identification des cadavres et déclencha la rumeur selon laquelle Hitler simula sa mort et réussit à s’enfuir de Berlin dévastée. De nombreuses thèses sur la fuite du chef de l’Allemagne nazie virent le jour et alimentèrent tous les complotistes en tout genre, persuadés que l’histoire officielle cache une autre vérité. Arnaldur Indriðason, historien de formation, ne croit pas à ces théories (voir son interview à Cécile Pellerin), mais il s’en sert pour les besoins de son intrigue.

Selon l’une de ces thèses, Hitler et Eva Braun, drogués, furent extraits du bunker sur les ordres de Martin Bormann, qui mit au point le faux suicide, suivi de la crémation des corps. C’est à un espion espagnol, qui travaillait pour le Reich, que l’on doit ce mythe. Evidemment, le gouvernement américain, l’OSS et le FBI étaient au courant de l’affaire. Pour accréditer cette théorie, leurs concepteurs avancèrent la reddition, après la capitulation du 8 mai,  de deux sous-marins allemands, en Argentine, le U-530 en juillet 1945 et le U-977, début août.

U 977 Le U-977 dans le port de Mar del Plata, en Argentine.

Il paraît aussi que plusieurs sous-marins, navires de commerce et grands voiliers, firent le voyage vers l’Argentine, deux ans après le conflit, en 1947. Quelle peut être la raison de tant de voyages, si ce n’est celle de prendre soin d’un Adolf Hitler, expatrié et caché en Amérique du sud. Arnaldur situe la dernière demeure du Führer, sur une île argentine de l’archipel de la Terre de Feu, l’île Borne, qui n’existe pas. Une théorie, soutenue par Harry Cooper, fait vivre Hitler et son épouse, sur une île brésilienne isolée de l’Atlantique sud, l’île Trindade.

Ci-dessous, une prétendue photo de mars 1939, semble montrer une base radio allemande sur l’île. La deuxième photo, prise par Cooper, montre que des bâtiments subsistent en 2009.

But this is how it looked in 1939 with the german radio station

The plateau looked like this during the author s expedition in 2009

Pour les historiens sérieux, spécialistes de la guerre mondiale, il ne fait aucun doute que le Führer et Eva Braun, se donnèrent la mort dans le bunker, sous la chancellerie, à Berlin, le 30 avril 1945.

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