Nouvelles du nord

Les nouvelles du polar islandais: parutions, articles ...

Lilja Sigurðardóttir récompensée par ses pairs.

Lilja Sigurðardóttir a reçu le prix de la goutte de sang 2018, Blóðdropinn, décerné par l’association islandaise des auteurs de polars, pour le meilleur roman policier de l’année.

Elle a gagné cette distinction pour son livre Búrið, troisième volet de la trilogie Reykjavik Noir, traitant de « trafic de drogue, de crimes financiers et d’affaires passionnelles dans le Reykjavik d’aujourd’hui. »

Le comité a félicité Lilja pour son livre bien documenté et bien écrit. Selon lui, « c’est difficile d’écrire une histoire aussi proche de la réalité et l’auteur y arrive admirablement, sans rentrer dans la condamnation, mais en plongeant plutôt dans les raisons qui poussent au crime. »

Búrið devrait paraître, en France, en 2019, sous le titre La Cage.

Lilja sigurdardottir

Interview 2018 d’Éric Boury pour Passages des Ombres

Interview 2018 d’Éric Boury pour Passages des Ombres

Bepolar.fr, 7 mai 2018

Eric Boury est traducteur de romans islandais. Il suit notamment Arnaldur Indriðason depuis de nombreuses années et il est de nouveau à la manœuvre pour Passages des Ombres. Interview...

BePolar : Y’a-t-il des spécificités, ou des difficultés particulières avec Arnaldur Indriðason ?
Eric Boury : Tout livre est une difficulté particulière. On ne traduit pas seulement des mots mais une histoire, un ton... Il faut rester au plus proche du texte mais aussi du français, savoir s’en éloigner de temps en temps mais pas trop... Arnaldur a un style simple et direct, sans fioriture. Il ne fait que très peu d’envolées lyriques. Elles sont d’autant plus importantes lorsqu’elles existent.

BePolar : Comment rendre ce style en français ?

Eric Boury : On essaie de traduire un esprit et un style mais parfois, cela ne fonctionne pas en français. Il y a un nécessaire travail de lissage. L’islandais est une langue qui a très peu évoluée depuis le moyen âge et tous les écrivains sont intoxiqués (au sens où ils ne s’en rendent pas compte) par la poésie et les sagas. Ces dernières ont un style très particulier, resserré, assez sec. C’est comme si on parlait encore le français du XIIIème siècle avec des racines latines ou grecs et aucune anglo-saxonnes. Il y a des formulations parfois figées que l’on retrouve dans les romans comme « il faut maintenant rapporter que ». Heureusement Arnaldur n’en abuse pas trop. Et puis une grande phrase peut en devenir trois en français, ou inversement. Par exemple « L’homme ouvrit la porte. Il avait les cheveux bruns hirsutes et des yeux bleus. Il referma la porte aussitôt. Il l’a rouvrit. Il avait un grand nez. » En français cela semble décousu mais pas du tout en islandais.

Chez eux, on a toujours l’impression que c’est écrit au fil de la plume, de manière très fluide, comme les sagas. En vérité, c’est très difficile de donner cette impression. Arnaldur Indriðason excelle dans ce domaine. C’est un immense écrivain.

BePolar : Y’a-t-il un plaisir à suivre un auteur de roman en roman ?

Eric Boury : Oui tout à fait. J’ai traduit 13 ou 14 romans d’Arnaldur Indriðason. En ce moment, je travaille sur son premier roman à paraître chez Métailié. Je me souviens qu’à sa sortie en Islande, j’avais été époustouflé. Et aujourd’hui, en me repenchant dessus, c’est une évidence : dès les premières lignes on voit que c’est un immense écrivain. Son génie éclate. C’est assez jouissif.

BePolar : Quelles sont ses qualités des polars d’Arnaldur Indriðason.

Eric Boury : Il a une plume, un style, une manière géniale de planter le décor. Il est simple, efficace et direct, mais surtout parlant. Il ne va pas s’embêter à décrire pendant dix pages une pièce si ça ne parle pas au lecteur, ce qui permet l’émergence d’une forme de poésie de la simplicité. Il n’évoque par exemple que très rarement des sentiments mais quand il le fait, c’est d’autant plus fort. Autre atout, la structure de ses romans est toujours impeccable. Dans Passage des ombres, vous avez le temps présent et l’époque de la deuxième guerre mondiale avec deux enquêtes qui se répondent et s’entremêlent. Et c’est parfaitement maîtrisé. Arnaldur Indriðason sait exactement quand il faut arrêter une intrigue pour tenir son lecteur en haleine. Enfin, il y a aussi le regard qu’il porte sur la société islandaise qui est redoutablement pertinent. Ancien journaliste et étudiant en histoire, il dénonce en montrant, sans faire de longs discours. Par les actions de ses personnages, par ses descriptions, il met le doigt là où ça fait mal. Pour chaque roman il travaille autour d’une thématique : l’enfance maltraitée et l’homophobie dans La Voix, les recherches génétiques dans La Cité des jarres...

BePolar : Et pour Passages des ombres ?

Eric Boury : Il parle de la seconde guerre mondiale, qui a fait entrer l’Islande dans le XXème Siècle. En 1940, Reykjavík ne compte que quelques dizaines de milliers d’habitants. D’un seul coup, 40 000 soldats britanniques puis américains à partir de 1942 débarquent et s’installent. Il y a quasiment autant de soldats que d’Islandais dans la ville ce qui amène de grands changements. Par exemple, le chômage disparaît aussitôt en raison des besoins de l’armée. Avec ensuite la séparation avec le Danemark en 1944, le plan Marshall à la sortie de la guerre, et l’adhésion à l’Otan en 1949 (avec une base américaine qui restera jusqu’en 2006), le pays subit un bouleversement en quelques années, se dotent d’infrastructures routières importantes, d’aéroports etc. L’Islande est passée du statut de nation la plus pauvre d’Europe à celui de pays le plus riche par habitant. Ce conflit est donc un événement majeur pour la société islandaise et Arnaldur Indriðason en parle brillamment.

BePolar : Sur le bandeau, on lit « Tu diras que c’était les elfes ». C’est une expression courante en Islande ?
Eric Boury : Les elfes font partie de l’univers mental des islandais. Certains y croient vraiment, d’autres pas forcément mais pensent que ce n’est pas nécessaire de remettre leur existence en cause. Et c’est la même chose pour tout un tas d’aspects surnaturels qui font pour eux partie de leur quotidien. Cela correspond bien aux paysages et à la société paysanne de l’Islande, dans laquelle on habite le monde et on le fait habiter par des créatures qui nous ressemblent un peu, mais pas totalement. Évidemment, les croyances sont parfois bien pratiques et certains en jouent.
Arnaldur Indriðason avait déjà évoqué cette mentalité, notamment sur les disparitions. L’Islande étant un pays à la météo capricieuse, les voyages ont longtemps été dangereux et les disparitions courantes. Et on ne cherchait pas forcément plus loin lorsque quelqu’un disparaissait. Là encore, cela peut être bien pratique parfois...

 La référence aux elfes est permanente. Dans cet esprit, si « Tu diras que c’était les elfes » n’est pas une expression courante en islandais, elle fait pleinement sens. Et accuser les elfes évite de chercher les coupables.

Arnaldur Indriðason joue les agents doubles

Le temps.ch, 11 mai 2018, Mireille Descombes

Avec «Passage des ombres», l’auteur de polars islandais conclut en beauté sa trilogie consacrée à l’Islande occupée par les troupes alliées durant la Seconde Guerre mondiale.

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Des lectures islandaises

Des lectures islandaises

Corinne Renou-Nativel et Emmanuel Romer, le , La Croix.com

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Fascinante Islande

Fascinante Islande

Sabine Audrerie, le

La littérature islandaise est une invitation à découvrir les terres mystérieuses du Grand Nord, leurs vastes étendues de nature, ainsi que la réalité sociale et politique du pays.

L’Islande fascine. L’augmentation croissante du tourisme sur l’île du Grand Nord le montre à elle seule depuis quelques années. Ceux qui n’ont pas la chance de faire le voyage, ou qui entendent le prolonger, se plongent aussi de plus en plus volontiers dans sa foisonnante littérature.

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Ragnar Jonasson, chroniqueur des bourgades rurales

Ragnar Jónasson, chroniqueur des bourgades rurales

Sabine Audrerie, le

Dans la famille des auteurs de polars islandais, Ragnar Jónasson semble séduire les lecteurs français, puisque Snjór (2016) et Mörk (2017), premiers volets de sa série policière Dark Iceland – au héros récurrent Ari Thor, jeune policier du petit port de pêche septentrional de Siglufjörður, florissant du temps de l’industrie du hareng – se sont déjà vendus à 240 000 exemplaires. Auteur de la série de polars « Dark Iceland », Ragnar Jónasson ancre ses intrigues dans la réalité sociale et rurale du nord et du sud de l’île.

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Les deux teasers de Passage des ombres

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Passage des ombres sur Télérama

Passage des ombres de Arnaldur Indriðason.

26 avril 2018, Catherine Ferniot.

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Les bons plans de Ragnar à Reykjavík

A l’occasion de l’article Road trip islandais dans les décors sauvages des polars de Ragnar Jónasson, le site 24heures.ch propose Les bons plans de Ragnar à Reykjavík.

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Road trip islandais dans les décors sauvages des polars de Ragnar Jónasson

Road trip islandais dans les décors sauvages des polars de Ragnar Jónasson

par Gérald Cordonier, 24heures.ch, 24 mars 2018

 

Nátt, troisième épisode des enquêtes d’Ari Þór, est en librairie. Voyage à travers les lieux qui ont inspiré le nouveau chouchou du « Nordic Noir ».

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La sortie de Passage des ombres est annoncée

Ça y est ! Hourra ! Le troisième volume de la trilogie des ombres, Passage des ombres, est annoncé par les éditions Métailié, pour le 2 mai 2018 !

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De futures parutions en français de polars islandais

2018 est d’ores et déjà une année prolixe en parutions de polars islandais. Au début de ce mois de mars sont sortis Le filet de Lilja Sigurðardóttir et Nátt de Ragnar Jónasson. En Janvier déjà, nous découvrions ADN, d'Yrsa Sigurðardóttir. Cette même année, nous attendons aussi la parution du troisième volume de la trilogie des ombres, d’Arnaldur Indriðason, Passage des ombres, ainsi qu’un nouveau roman d’Árni Þórarinsson, Treize jours. Sans compter les parutions en format poche.

Mais des droits ont déjà été acquis par des maisons d’édition françaises, laissant présager de futures parutions, lorsque les travaux de traduction seront accomplis.

  • Actes Sud a acheté les droits de deux romans d’Yrsa Sigurðardóttir : Sogið (2015) et Aflausn (2016)
  • Les éditions de la Martinière ont acheté le dernier volume de la trilogie Hulda, de Ragnar Jónasson : Mistur (2017). Les deux premiers tomes ne sont pas traduits.

Merci à Patrick Maillet pour ces précieuses infirmations.

Interview d’Arnaldur Indriðason par Cécile Pellerin

Interview d’Arnaldur Indriðason par Cécile Pellerin – 7 octobre 2015 – actualitte.com

 

A l'occasion de la sortie en France de son nouveau roman, Opération Napoléon, Arnaldur Indridason,  livre ici quelques précisions.

 

Opération Napoléon date de 1999 et est traduit de l’anglais. Pourquoi paraît-il si tardivement en France  alors qu’il contient l’âpreté et la puissance des meilleurs romans noirs et pourquoi n’a-t-il pas été traduit de l’islandais ?

La raison pour laquelle ce roman ne paraît qu'aujourd'hui, c'est tout simplement  parce que les éditeurs qui publient mes œuvres à l'étranger ont tous commencé  par La cité des jarres car ce livre est considéré comme mon premier succès et il représente le début de la série Erlendur. Les autres histoires (au nombre de quatre) ont dû donc attendre.

La raison pour laquelle il a été traduit de l'anglais par David Fauquemberg c'est qu'un certain temps s'était écoulé en Islande depuis sa parution et lorsqu'il a été traduit en anglais, certains éléments du roman avaient été modifiés, des changements auxquels j'avais participé et qui s'efforçaient de rendre le texte un peu plus actuel.

 

Dans ce roman d’espionnage, la police islandaise est quasi-inexistante, elle se résume à deux personnes sans nom (l’ancien et le cadet) et ne présage pas de la série à venir.  Cependant, aviez-vous déjà pensé à votre personnage, le commissaire Erlendur, dont le premier opus paraît un an plus tard ?

En fait, en Islande, le 1er opus de la série des Erlendur (Les roses de la mort) a été publié un an avant Opération Napoléon mais il n'existe pas encore en français. Ainsi les deux policiers qui apparaissent dans le livre et qui n'ont pas de nom, d'une certaine manière, représentent un peu Erlendur et Oli.

 

Selon vous, l’Opération Napoléon a-t-elle vraiment existé ?

Non, je ne pense pas. En revanche, il existe beaucoup d'hypothèses sur le devenir d'Hitler et une de ces théories raconte qu'il a été emmené en catimini en Islande ; ce qui est bien sûr une théorie loufoque !

 

Vous êtes historien de formation, ce roman en témoigne sans difficulté, mais comment procédez-vous, pour glisser rapidement vers l’intrigue policière ? Pensez-vous que les faits historiques contiennent en eux suffisamment d’énigmes et de mystères non résolus pour fusionner naturellement vers ce genre littéraire ou ont-ils besoin d’éléments nouveaux et d’inspiration ?

C'est un mélange des deux. Dans tous mes livres, la thématique historique est présente parce que j'ai toujours aimé aller chercher dans le passé et probablement cela est-il lié à ma passion de l'Histoire. Quand j'ai écrit Opération Napoléon, j'avais envie d'écrire un thriller plutôt qu'un pur roman social à la scandinave mais je n'avais pas l'envie de courses poursuites ou d'explosions, etc.  Bref, j'avais envie d'un mélange des deux, un thriller dans l'esprit du réalisme social en quelque sorte.

Donc j'ai construit ce thriller, mondial d'une certaine manière, qui se passe à la fois en Islande, aux Etats-Unis et en Argentine, lié à la fois à l'histoire islandaise et à l'histoire mondiale. Mon père, d'ailleurs, a beaucoup aimé ce livre. C'est un peu dans l'esprit, je crois, du roman d'espionnage américain ou britannique.

 

Le point de départ de votre roman s’inspire donc d’une réalité historique (des accords secrets entre les Américains et l’Allemagne nazie vaincue) et le lecteur (à moins d’être un spécialiste de la 2ème guerre mondiale) ne peut dire exactement à quel moment la réalité romanesque prend le dessus. C’est assez déconcertant d’ailleurs mais très habile. Peut-on y déceler une intention de signifier au lecteur qu’il existe encore des secrets d’Etat dissimulés,  ou est-ce une tentative de manipulation (réussie) ?

J'espère en effet avoir réussi à manipuler le lecteur. Bien évidemment, à mon avis, il y a tout un tas de secrets d'Etat dont nous n'avons aucune idée et la plus grande question dans ce domaine- là reste aujourd'hui celle de la mort de Kennedy.

J'aime travailler sur des faits historiques et les romancer ensuite, développer ainsi la fantaisie et l'imagination des gens. En mélangeant des faits historiques au roman, l'imagination du lecteur se met en route.Il se demande alors où est le vrai, où est le faux et quand il commence vraiment à douter, l'effet est réussi, il me semble.

 

La présence de Neil Armstrong en Islande en 1967 est effective et l’hypothèse que vous décrivez dans votre roman finit par interroger vraiment. Vous semez le doute, une fois de plus. Est-ce un jeu ou souhaitez-vous mettre le lecteur en alerte ?

Cela me plaît beaucoup de mettre le lecteur en alerte et de semer le doute dans sa tête. Il y a un fait très connu en effet, celui où les futurs voyageurs lunaires sont venus en Islande pour s'exercer à l'atterrissage lunaire dans le nord de l'Islande et c'est exactement le type d'événement susceptible d'être utilisé pour construire tout autre chose autour.

On peut ainsi imaginer que ces astronautes n'étaient pas venus en Islande seulement pour s'entraîner mais que leur présence était peut-être un prétexte pour détourner l'attention de la population. Le genre du thriller "international" permet ce genre de fantaisie.

Par exemple, dans Le livre du roi qui d'une certaine manière est parent avec celui-là, davantage qu'avec la série des Erlendur, quelqu'un dérobe l'objet le plus précieux de l'Histoire du peuple islandais, un manuscrit du Moyen-Age qui contient les poèmes de l'Edda poétique et le Hávamál. Evidemment, ces textes n'ont jamais été volés mais c'est assez exaltant de pouvoir imaginer qu'ils aient été volés et de construire une intrigue qui met immédiatement en route l'imagination du lecteur.

 

A l’époque où se situe votre roman (1999) il existe une forte présence américaine sur le sol islandais. De quelle importance était-elle si l’on compare à aujourd’hui? Pouvez-vous nous éclairer un peu ?

Aujourd'hui l'armée américaine est partie complètement et je pense que la population islandaise était contente de la voir partir. Pendant toute la période où l'armée américaine était présente en Islande, la population était divisée en deux camps. Certains étaient favorables à une collaboration avec l'OTAN d'autres revendiquaient une neutralité absolue, une absence d'alliance avec quelque pays que ce soit et pendant les 50-60 ans où l'armée américaine est restée en Islande, il y a toujours eu de véhémentes discussions, des manifestations nombreuses ; rien n'y faisait jusqu'à ce que l'armée américaine décide elle-même de partir, en 2006 je crois.

 

Dans votre roman vous évoquez notamment une réalité, celle des putes à Yankees. Pouvez-vous nous apporter quelques précisions ?

Le 10 mai 1940 l'armée britannique a occupé l'Islande pour empêcher l'armée allemande de le faire à leur place. 40 000 personnes environ vivaient à Reykjavik et les militaires britanniques qui sont arrivés étaient 40 000 également. Cet événement a changé l'Islande à jamais. Brusquement, le présent, le modernisme sont arrivés dans cette société quand même très isolée.

Beaucoup de militaires anglais puis américains ensuite, puisque les Américains ont pris le relais, ont eu des relations avec les femmes islandaises. Cela était fréquent, d'ailleurs il y a une expression en islandais "dans la situation". "Une femme est dans la situation" signifiait qu'une femme entretenait une relation avec un Britannique ou un Américain et on parlait aussi de putes à yankees mais cela ne signifie pas que ces femmes étaient des prostituées. On les appelait comme ça mais ce n'était pas du tout un commerce ; juste le regard des autres sur une relation entre un homme étranger et une femme islandaise.

Lorsque la base américaine s'implante en Islande, ce genre de relations continue et cette expression de pute à yankee colle à la peau des femmes qui ont "fauté" avec l'étranger.

 

A travers ce roman, comme dans la plupart de ceux qui viendront par la suite (je pense à L’homme du lac, notamment) la géographie, le climat et l’environnement particuliers de l’Islande jouent un rôle majeur et servent complètement l’intrigue. Est-ce propre à l’Islande ou à vous-même ?

Je pense que c'est un peu des deux. Effectivement mes histoires se passent en Islande et l'Islande possède un cadre géographique très intéressant.  Lorsque j'ai commencé à écrire des romans policiers je me suis dit qu'il ne fallait surtout pas m'empêcher d'écrire aussi sur l'environnement si particulier de l'Islande. On n'avait pas beaucoup de tradition littéraire policière en Islande car on considérait que c'était un pays où il ne se passait jamais rien, où l’on s’ennuyait, un pays inintéressant. Personnellement, je ne me suis pas privé d'utiliser la nature caractéristique de l'Islande dans mes histoires. Et moi, je m'opposais très fortement à cette idée que rien ne se passait en Islande. A chaque fois qu'il y a ou qu'il y a eu un événement important en Islande, j'essaie de le mettre dans mes romans. Par exemple, dans le roman Le duel, il est écrit que des équipements d'espionnage ont été trouvés dans le lac de Kleifarvatn et cela est bien réel. De même dans La cité des jarres, cette banque de données génétiques  émane d'une idée qui a vraiment existé.

 

Votre héroïne Kristin, avocate, est  une femme étonnamment forte (trop forte ?). Par sa puissance (elle ne dort pas), son courage et sa ténacité, elle aurait pu devenir un personnage récurrent dans votre œuvre policière, non ?

Kristin ne sera que dans ce livre. Elle est confrontée à une situation extrêmement violente. Elle sait que son frère est en danger de mort sur le glacier de Vatnajökull et la connaissance qu'elle a d'événements qui vont se produire sur ce glacier puis ces hommes qui pénètrent chez elle pour la tuer,  tout cela la met effectivement dans un état tel qu'elle ne peut dormir. J'ai déjà eu un certain nombre de personnages féminins dans mes romans ; j'ai bien aimé écrire sur Kristin. C'est une femme blessée, avec un passé plutôt sombre et, un peu comme Erlendur plus tard, elle considère qu'elle doit sauver, en tout cas protéger son petit frère.

 

Dans votre livre la cruauté des services secrets américains est assez inhumaine. Est-elle exagérée ou proche de la réalité historique ? Qu’en ont pensé les lecteurs américains ?

Pour augmenter la tension dans le roman, j'ai choisi de montrer les services secrets américains comme des hommes vraiment méchants et violents et je n'ai aucune idée de ce qu'ont pu penser les lecteurs américains. Je pense que dans les romans ou les films américains, il existe des faits bien plus terribles que ce que j'ai pu décrire dans mon livre. La CIA d'ailleurs est souvent dépeinte de manière très négative.

 

Votre roman, c’est certain, s’il ne donnait pas le mauvais rôle aux Américains pourrait être le scénario d’un film d’action et d’espionnage issu des studios hollywoodiens. Qu’en pensez-vous ?

Oui je pense que ce livre est parfait pour faire un scénario de film. Une option sur les droits a ainsi été vendue à une société de cinéma allemande et il me semble qu'ils ont trouvé un financement pour faire le film.

 

L’intérêt historique que vous semblez porter à la seconde guerre mondiale et à la guerre froide est prégnant puisqu’il se retrouve dans plusieurs de vos romans (La femme en vert, L’homme du lac ou Le duel) Pourquoi ces périodes vous intéressent-elles particulièrement ?

Je suis né en 1961, j'ai été élevé pendant la guerre froide. Du plus loin dont je me souvienne il y a toujours eu dans le monde la peur du danger atomique et l'opposition entre l'Est et l'Ouest a marqué ma jeunesse, comme l'image des diplomates renvoyés. Cette guerre froide est en moi depuis que je suis né et il ne faut pas s'étonner alors que cette période m'intéresse tant ;  elle me constitue.

En Islande, la seconde guerre mondiale a été une période très intéressante et marquante. Beaucoup de soldats étrangers sont venus en Islande dans les années 40 et ils ont modifié profondément notre société. En ce sens-là, je suis fasciné.

 

Votre prochain livre ?

En ce moment je travaille justement sur une série policière, une trilogie, qui se déroule pendant la seconde guerre mondiale.

 

Nátt au rayon polar : l'envers du décor islandais

Rayon polar : l'envers du décor islandais

Par Pierrick Faye, 8 mars 2018, site les echos.fr

 

Avec Nátt, Ragnar Jónasson poursuit, avec talent, sa trilogie islandaise dans le petit village de Siglufjörður.
 

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Le Filet, une mère en prise avec le trafic de drogue

Le Filet, une mère en prise avec le trafic de drogue

Par Karen Lajon 01/03/2018 -  lejdd.fr

 

LA VIE EN NOIR - Dans "Le Filet, Lilja Sigurðardóttir raconte l'histoire de Sonja, contrainte de transporter des valises de drogue pour pouvoir continuer à voir Tómas, son petit garçon.

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Nátt, le nouveau roman de Ragnar Jónasson

Après Snjór et Mörk, Nátt, le troisième roman de la série Dark Iceland, de Ragnar Jónasson, sort le 8 mars prochain, aux éditions de La Martinière.

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Le résumé de Le Filet de Lilja Sigurðadóttir

Découvrez le résumé du nouveau roman de Lilja Sigurðardóttir, Le filet (Netið), traduit par Jean-Christophe Salaün. Le tome 2 de la trilogie Reykjavik Noir sortira chez Métailié le 8 mars prochain.

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Nouvelles en vrac

De sources bien informées, le septième roman traduit en français d’Árni Þórarinsson, Treize jours, sortirait courant 2018 chez Métailié. Il s’agit de la traduction de 13 Dagar, œuvre publiée en 2016 en Islande. Pas plus d’informations à ce jour.

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Un nouveau prix du polar vient d’être créé en Islande.

C’est à l’initiative d’Yrsa Sigurðardóttir et de Ragnar Jónasson qu’un nouveau prix du polar islandais vient d’être créé, en collaboration avec l’éditeur Veröld. Selon le site Iceland Review, qui reprend une information de la télévision publique RÚV, ce prix, appelé Svartfuglinn (oiseau noir) a pour but de récompenser, annuellement, un manuscrit de fiction policière islandaise, pas encore publié. Le lauréat recevra 500 000 couronnes islandaises, soit près de 4000 € et une offre de publication. Les deux romanciers à l’origine de Svartfuglinn veulent ainsi encourager les auteurs à se lancer dans le genre du polar, simplifier les processus d’édition et promouvoir les publications en langue islandaise. Ils espèrent aussi que ce prix aidera les nouveaux auteurs à établir des contacts avec des éditeurs étrangers. Une douzaine de manuscrits sont sur les rangs pour cette première année. Résultats en avril… à suivre.

Svartfugl award

Dans l'ombre édité en poche

Le premier volume de la trilogie des ombres, d'Arnaldur Indriðason, Dans l'ombre, sortira en poche chez Points, le 8 février 2018.

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La mort a été immédiate. Une balle dans la tête. Aucune trace de lutte n’est relevée dans ce modeste appartement de Reykjavík. Le seul détail troublant est une croix gammée tracée sur le front de la victime. Très vite, en cet été 1941, les soupçons se portent sur les soldats étrangers venus contrer l’expansion nazie. Les enquêteurs Flovent et Thorson doivent agir avec prudence : malgré l’occupation alliée, l’ombre du Troisième Reich plane toujours au-dessus de l’Islande.