Arnaldur et le football

Cet article se fonde sur l’intervention d’Arnaldur lors de la table ronde Quais du polar Football Club : culture foot !, qui s’est tenue samedi 2 avril 2016 dans le cadre du festival Quais du polar à Lyon. On trouvait, aux côtés d’Arnaldur, l’Anglo-soudanais Parker Bilal, l’Ecossais Irvine Welsh, le Français Caryl Férey et l’Italien Giancarlo de Cataldo, supporter, comme l’auteur de ces lignes, de l’AS Roma.

D’où vient l’intérêt d’Arnaldur Indriðason pour l’équipe d’Arsenal ?

Il y a quarante-cinq ans, il n’y avait qu’une seule chaîne nationale de télévision en Islande, qui diffusait, une fois par semaine, le samedi, un match du championnat anglais. C’était en noir et blanc et l’image était mauvaise. De plus, la chaîne retransmettait un match qui avait eu lieu une semaine plus tôt. Les specatateurs, qui connaissaient le déroulement de la partie et le résultat final, faisaient comme s’ils le vivaient en direct. Le célèbre journaliste sportif de l’époque, Bjarni Fredriksson, commentait le match comme s’il ne l’avait jamais vu, exprimant toute son excitation à chaque but.

Tous les Islandais intéressés par le football devinrent donc des inconditionnels des grands clubs anglais, Arsenal, Liverpool, Manchester United, Chelsea… et même d’équipes plus modestes comme Westham ou Aston Villa. Comme Bjarni était supporter d’Arsenal, Arnaldur devint lui-même supporter des Gunners ; il avait neuf ans. Depuis et encore maintenant, il ne supporte aucune autre équipe.

Arsenal fc svg     Football islande federation svg

Va-t-il suivre l’équipe nationale d’Islande, à l’Euro 2016, en France ?

Arnaldur compte bien venir en France pour assister aux matchs de l’équipe d’Islande, à Saint-Etienne, Marseille et Paris. Selon lui, un dixième de la population islandaise va faire le déplacement dans l’hexagone. Mais pas d’inquiétude quant à une invasion, les Islandais ne sont que 300 000 !

NB : En phase de poules, l’Islande rencontrera le Portugal, le 14 juin, au stade Geoffroy-Guichard (Saint-Etienne), la Hongrie, le 18 juin, au stade Vélodrome (Marseille) et l’Autriche, le 22 juin, au stade de France (Saint-Denis).

 

Que pense Arnaldur du fait qu’une modeste équipe comme Leicester soit, à ce jour, première du championnat anglais ?

C’est une bonne chose de soutenir les petites équipes. De plus, si Leicester gagne le championnat anglais, tous les espoirs sont permis à l’Islande de remporter le championnat d’Europe des nations ! Arnaldur trouve génial qu’une équipe qui a peu d’argent et une passion véritable, fasse un si beau parcours dans le championnat anglais. Cela peut faire des émules parmi les équipes anglaises plus modestes et faire du bien au football.

 

Quel témoignage peut-il donner du football aujourd’hui ?

« J’ai toujours joué au football, aussi loin que je me souviens et j’y joue encore, deux fois par semaine. On a dépassé la cinquantaine, avec mes copains. Beaucoup dans l’équipe sont plus gros que moi. On est lent et la rapidité de réaction est extrêmement limitée, mais on a l’impression qu’on est meilleur. Chaque fois que nous nous rencontrons, le mercredi et le dimanche, on a l »impression qu’on part en guerre. On quitte nos vêtements de ville pour enfiler nos tenues de combat. On entre sur le terrain par équipe de cinq. Il y a bien longtemps qu’on accomplit plus de prouesses en termes de football, mais, en essayant de nous dépasser, nous arrivons parfois à faire un beau tir et même à marquer un but. Il y a quelques actions sur le terrain, des petits duels qui sont gagnés et, souvent, entre les deux équipes, peu de différences les départagent.

Pour moi, personnellement, c’est toujours aussi épouvantable de perdre. Je prends ma douche complètement abattu et je rentre chez moi dépité. Je me dis qu’on aurait dû faire ça ou ça. Pourquoi n’a-t-on pas fait ça ou ça ? Mais toutes ces considérations ne changent rien, car, ce qui est important, c’est de revenir et d’être à nouveau sur le terrain.

Je ne comprends pas, ça m’échappe. Le monde dépense des millions et des milliards, chaque année, pour montrer à quoi sert tout cela. Donc, il doit y avoir un sens à tout cela. Chaque individu trouvera peut-être un jour le sens de tout cela.»

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau