Deux questions à Arnaldur Indriðason, à propos de la sortie prochaine du roman Le mur des silences.

A l’occasion de la sortie, en février 2022 du quatrième roman de la série Konráð, Le mur des silences, les éditions Métailié ont posé deux questions à Arnaldur Indriðason.

Les lieux gardent en eux les tragédies dont ils ont été témoins. Ou au moins c’est ce que découvre le lecteur quand il lit Le mur des silences.

Avez-toujours été intéressé par ce qu’on pourrait appeler la mémoire des lieux ?

Absolument. Je pense qu’on peut trouver cet intérêt dans la plupart de mes livres car ils racontent souvent la manière dont on revient sur ses pas et dont on revisite ce qui est arrivé, à qui et surtout où c’est arrivé. Le lieu des tragédies joue un rôle significatif dans mes histoires. C’était important dans les histoires de mon policier, Erlendur, qui est retourné sur les lieux de son enfance pour revivre la tragédie de sa jeunesse. On les a dans les histoires de Konrad qui se trouve toujours ramené à la mort de son père dans les abattoirs de Reykjavík. Ces endroits vous renvient à un état difficile et chargé de sens de votre être. Ces endroits, ces endroits habités par vos souvenirs, vous les portez avec vous toute votre vie et ils ne lâchent jamais prise.

 

Le personnage de Konrad change dans Le Mur des silences, il devient assez antipathique et révèle ses limites même s’il continue à résoudre des affaires traitées dans les trois premiers romans de la série.

Va-t-il continuer à évoluer ? Est-ce que vous aimez ce personnage ?

Je l’aime beaucoup. Ce n’est pas un policier parfait et ce n’est pas un homme parfait. Aucun de nous ne l’est. Il va continuer à évoluer dans les prochains livres et il va peut-être devenir meilleur, mais je l’ignore. Il est encore un mystère pour moi et ça me plaît. Il a eu une enfance très difficile et cela apparaît parfois dans sa vie et son travail et son interaction avec les autres, mais je pense qu’il essaie toujours de faire au mieux et il tente de dépasser la mauvaise influence que son escroc de père a eue sur lui. Mais c’est un effort pour lui et en même temps il traite des cas très difficiles, des affaires classées depuis longtemps, et il se donne beaucoup de mal. Donc, oui, je l’aime essentiellement parce qu’il est imparfait.

Arnaldur Indriðason Konrað