Questions à Eric Boury pour La Pierre des remords

A l’occasion de la parution prochaine du troisième volet de la série Konráð, d’Arnaldur Indriðason, l’éditeur Métailié, a posé quelques questions à Eric Boury, l’un des rares – et des plus célèbres – traducteurs des ouvrages islandais.

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Eric, c’est votre 20ème titre d’Arnaldur Indriðason traduit. Vous nous avez confié avoir toujours autant de plaisir à le traduire, dites-nous pourquoi !

Eh bien oui – et je ne boude pas mon plaisir ! Quand j’ai commencé la traduction de La Pierre des remords, je me suis rendu compte que c’était le 20ème livre d’Arnaldur que je traduisais en français et je me suis fait la réflexion que je n’avais jamais lu dans ma vie vingt livres du même auteur. Dès que je suis entré dans ce nouveau texte, je m’y suis senti parfaitement à l’aise. Je retrouvais l’univers d’Arnaldur, sa vision de l’Islande, son écriture à la fois simple et riche. J’avais l’impression d’être chez moi et j’étais heureux de me mettre devant mon ordinateur chaque matin pour passer la journée à travailler.

 

Grâce à vous notamment, nous avons accès maintenant aux plus grands auteurs islandais contemporains. Diriez-vous qu’Arnaldur Indriðason a une langue spécifique ?

Les traducteurs d’islandais sont en effet une denrée rare ! La langue d’Indriðason est à la fois simple, riche et évocatrice. Cet écrivain sait d’instinct brosser le portrait d’un personnage en quelques traits sans sombrer dans de longues descriptions. Il en va d’ailleurs de même pour les lieux. Arnaldur est extrêmement doué pour installer une atmosphère sans s’appesantir sur une foule de détails, mais en sélectionnant les caractéristiques essentielles de ce qu’il décrit. Il reste toujours dans la simplicité, sans recourir aux métaphores complexes ou aux envolées lyriques. C’est sans doute de cette apparente simplicité que naissent la profondeur et la poésie de ses romans.

Arnaldur Indriðason Konrað Eric Boury