Le point sur les partis islandais

                Les partis traités en dessous ne constituent pas une liste exhaustive de tous les partis politiques islandais qui, comme dans de nombreux pays, sont pléthore. Ont été retenues les formations politiques présentes aux dernières élections législatives de 2016 et celles qui se présentent aux prochaines, le 28 octobre 2017.

Les partis historiques

                Les partis historiques sont les deux grands partis, qui, depuis la proclamation de la république en 1944, ont presque toujours dirigé le pays, ensemble, ou alternativement, à l’exception de deux petites périodes de décembre 1958 à novembre 1959, d’octobre 1979 à février 1980, et d’une législature entière de février 2009 à mai 2013.

 

01 5

Le Parti de l’indépendance [Sjálfstæðisflokkurinn – Sjá – Lettre électorale : D] est le grand parti de centre droit et de droite. Né en 1929 de la fusion du parti conservateur et du parti libéral, il doit son nom à son programme d‘indépendance de l‘île vis-à-vis du Danemark. Il est conserveteur dans le domaine sociétal et libéral dans le domaine économique, certains diraient même ultra-libéral. Il est défavorable à l’entrée de l’Islande dans l’union européenne. Une grand figure du parti fut Davið Oddsson, qui dirigea le mouvement de 1991 à 2005 et fut premier ministre durant treize ans, de 1911 à 2004. L’actuel président, Bjarni Benediktsson est aussi le premier ministre sortant. C’est une personnalité controversée autour de laquelle plane un fort parfum de scandale.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 29% - 21/63

28 octobre 2017 : 25,2% - 16/63

02 4

Le Parti du progrès [Framsóknarflokkurinn – Fram – Lettre électorale : B] est l’autre grand parti islandais. Il est issu de la fusion, le 16  décembre 1916, du parti des paysans et du parti des paysans indépendants. C’est un parti de centre droit libéral. Le mouvement fait surtout partie du courant agrarien, très présent en Scandinavie mais absent en France. Ce courant s’illustre à l’origine par la défense des intérêts du monde rural face à l’industrialisation croissante, au cours du XXème siècle. Sa position centrale sur l’échiquier politique l’a conduit aux affaires dans des coalitions de centre-droit ou de centre-gauche. Le Fram est plutôt eurosceptique. Son actuel président, Sigurður Ingi Jóhannsson, fut premier ministre d’avril 2016 à janvier 2017.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 11,5% - 8/63

28 octobre 2017 : 10,7% - 8/63

 

La gauche islandaise

                La gauche islandaise a longtemps été représentée institutionnellement par le parti social-démocrate fondé en 1916. Cela n’empêchait pas l’existence d’un courant de pensée de gauche, qui se caractérisait essentiellement, lors de la guerre froide, par son rejet de l’OTAN et des manifestations contre la base militaire américaine de Keflavik. Il faut attendre 2009 et les suites de la crise financière pour qu’une coalition entre les socio-démocrates et le mouvement des verts et de gauche arrive aux affaires.

 

03 1

L’Alliance [Samfylkingin – Sam – Lettre électorale : S], comme son nom l’indique est une alliance de partis de gauche et de centre-gauche qui s’est constituée à partir de 1998, pour les élections de l’année suivante. L’ont constituée le parti social-démocrate, fondé en 1916, l’Alliance du peuple, elle-même issue du parti communiste, la Liste des femmes et le Réveil de la nation. Le parti est aujourd’hui de tendance social-démocrate et adopte une position favorable à l’union européenne. Ses positions, proches de celles, à l’époque, de Tony Blair, dérivant vers un social-libéralisme, favorisent la création du Mouvement des verts et de gauche. Jóhanna Sigurðardóttir est devenue, de 2009 à 2013, le premier chef du gouvernement à la tête d’une coalition de gauche. Elle s’est fait connaître sur le plan sociétal pour avoir ouvertement déclaré son homosexualité et s’être mariée avec sa compagne, durant son mandat. L’actuel président du parti est Logi Már Einarsson.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 5,7% - 3/63

28 octobre 2017 : 12,1% - 7/63

04 3

Le Mouvement des verts et de gauche [Vinstrihreyfingin-grænt framboð – VG ou Vinstri Græn – Lettre électorale : V] est issu du rejet de quelques-uns de la fusion des partis de gauche dans l’Alliance et sa dérive social-libérale. Le mouvement, membre de l’Alliance de la gauche verte nordique, se fonde sur les valeurs socialistes, écologistes et féministes. Il est opposé au fait que l’Islande soit membre de l’OTAN et a lutté contre le maintien de la base militaire de Keflavik. Le parti est aussi opposé à l’adhésion de l’île à l’union européenne. Pour la première fois, il a participé à une coalition au pouvoir de 2009 à 2013, et a vu sa présidente, Katrín Jakobsdóttir devenir ministre de l’éducation, de la culture et des sciences.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 15,9% - 10/63

28 octobre 2017 : 16,9% - 11/63

05 1

Le Front populaire islandais [Alþýðufylkingin – AF – Lettre électorale : R] est un parti marginal d’extrême gauche anticapitaliste, fondé, en 2013, par Þorvaldur Þorvalsson, qui se déclare ouvertement communiste. Ses résultats électoraux sont négligeables et le parti n’a pas pu présenter des candidats dans toutes les circonscriptions en 2016. Il très anti-OTAN et anti-UE.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 0,3% - 0/63

28 octobre 2017 : 0,2% - 0/63

 

Les mouvements citoyens

                Suite à la crise financière de 2008, de nombreux citoyens descendirent dans la rue et participèrent à ce qu’on a appelé « la révolution des casseroles ». Certains ne s’en tinrent pas là et voulurent poursuivre cet élan par la participation au processus politique du pays, envisageant même un changement de constitution, qui n’eut finalement pas lieu alors que le projet était bien abouti.

 

06 3

L’Aube [DögunLettre électorale : T], de son nom complet L’Aube – l’organisation de la justice, de l’égalité et de la démocratie, est une émanation de plusieurs formations politiques issues des mouvements citoyens de 2009. Le premier d’entre eux fut le Mouvement des citoyens [Borgarahreyfingin]. Il remporta 4 sièges aux élections de 2009. Mais, suite au départ de l’un des élus, le parti devint Le Mouvement [Hreyfingin]. Ces deux formations fusionnèrent avec le centriste Parti libéral pour donner naissance à L’Aube en 2012. Il défend une politique centriste à tendance libérale avec la transparence politique, la protection de l’environnement et de la pêche et réclame l’adoption de la constitution rédigée en 2011. En 2012, peu après la fondation du mouvement, l’une de ses membres les plus éminentes, Birgitta Jónsdóttir fonde le parti pirate.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 1,7% - 0/63

28 octobre 2017 : 0,1% - 0/63

07 2

Le Parti pirate [PíratarLettre électorale : P] fut fondé le 24 novembre 2012, par Birgitta Jónsdóttir et d’autres personnalités d’internet, notamment Smári McCarthy. Situé plutôt à gauche, ce parti réclame la transparence en matière de politique et de justice, la démocratie directe et la liberté totale d’internet. Sa progression fut fulgurante puisque les Pirates obtinrent dix sièges en 2016, se plaçant ainsi en deuxième place, ex-æquo en sièges avec les VG. Bien que la figure marquante reste Birgitta Jónsdóttir, la direction du mouvement est collégiale. Le parti est affilié au parti pirate international.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 14,5% - 10/63

28 octobre 2017 : 9,2% - 6/63

 

Les sécessionnistes

Plusieurs partis, créés ces dernières années, sont le résultat de scissions ou de départs au sein des deux grands partis.

 

08 1

Avenir radieux [Björt Framtíð – BF  – Lettre électorale : A] est fondé le 4 février 2012. C’est  en 2009, que l’acteur humoriste Jón Gnárr, crée le Meilleur Parti (Besti Flokurinn). Il parodie les partis institutionnels en se moquant de leurs expressions, tout en promettant la gratuité de nombreux domaines (soins dentaires, transports publics pour les étudiants et… serviettes dans les piscines !). En 2010, Jón Gnárr remporte la mairie de Reykjavík. En 2012, Le Meilleur parti est rejoint par un dissident du parti du progrès, Guðmundur Steingrímsson et Róbert Marshall, de l’Alliance. Ils créent alors Avenir radieux. Le parti, favorable à l’entrée dans l’UE et la zone Euro, se situe désormais au centre-droit de l’échiquier politique, proche des thèses social-libérales. S’il avait su séduire à ses débuts, son alliance avec le parti de l’indépendance, puis son retrait de la coalition en septembre 2017, plongeant à nouveau l’Islande dans une crise politique, semble le renvoyer dans les limbes.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 7,2% - 4/63

28 octobre 2017 : 1,2% - 0/63

09

Renaissance [Viðreisn – Lettre électorale : C] est un parti de centre droit issu, en 2014, d‘une scission au sein du parti de l’indépendance, s’opposant notamment sur le sujet de l’adhésion à l’UE, à laquelle le nouveau mouvement est favorable. Il soutient aussi une politique environnementale ainsi que l’abandon de la couronne islandaise au profit de l’euro. Son existence officielle date de mai 2016 et le parti prend part à ses premières élections en octobre de la même année, réalisant un score exceptionnel pour une première. Il forme, avec le parti de l’indépendance et Avenir radieux, la coalition au pouvoir jusqu’aux élections du 28 octobre 2017.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 10,5% - 7/63

28 octobre 2017 : 6,7% - 4/63

10 1

Dernier arrivé sur la scène politique, le parti du centre [Miðflokkurinn – Lettre électorale : M] semble en passe de créer la surprise aux élections d’octobre 2017. Lorsqu’éclate, en avril 2016, le scandale des Panama Papers, le premier ministre issu des rangs du parti du progrès, Sigmunður Davið Gunnlaugsson est démis de ses fonctions de chef du gouvernement, puis battu à la tête de son parti. Il crée alors le parti du centre, scission du parti du progrès due davantage à des querelles de leadership qu’à des divergences d’idées. Le parti, eurosceptique, se pose comme un mouvement libéral de centre-droit.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : ne se présente pas

28 octobre 2017 : 10,9% - 7/63

 

Les formations populistes

                Enfin, certaines formations peuvent être qualifiées de populistes, dans le sens où elles offrent un discours simple, qui séduit les foules (ou tente de le faire), désignant bien souvent, des responsabilités extérieures aux crises traversées par le pays.

 

11 1

Le Parti humaniste [Húmanista FlokkurinnLettre électorale : H] est un mouvement qu’on pourrait qualifier de populiste de gauche. Il est favorable au collectivisme et propage un discours anticapitaliste. Fondé en 1984, il est membre du parti humaniste international. Aux élections de 2016, il n’a pas pu présenter des candidats dans toutes les circonscriptions.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 0,02% - 0/63

28 octobre 2017 : ne se présente pas

12

En 2010 est fondé le parti populaire vert de droite, qui se réclame du libertarisme, à savoir le laisser-faire économique absolu. Il prône, notamment, la sortie de l’état de toutes les entreprises. Le 26 février 2016, il donne naissance au Front national islandais [Íslenska þjóðfylkingin – Lettre électorale : E]. Ce parti d’extrême droite défend la souveraineté du pays, l’indépendance et la culture islandaises. Il rejette le multiculturalisme et, à ce titre, la politique migratoire d’ouverture, notamment en ce qui concerne les migrants musulmans. Il réclame la création d’une nouvelle monnaie, indexée sur le dollar et la sortie de l’espace Schengen. Incapable de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions, l’audience du mouvement est marginale.

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 0,2% - 0/63

28 octobre 2017 : ne se présente pas

13

Le Parti du peuple [Flokkur Fólksins – FF – Lettre électorale : F] est fondé en 2016 par Inga Sæland, spécialiste du droit des déficients visuels et ex-candidate de X-factor. A l’origine, le parti soutient les droits des plus pauvres et des handicapés. Cependant, il prend une orientation anti-immigrés sous la houlette de sa présidente. Celle-ci a beau prendre ses distances avec ses propres propos xénophobes, réclamant même davantage d’attention pour les réfugiés, elle fait toutefois campagne en se présentant comme la « Marine Le Pen islandaise ». Le New-York Times qualifie le mouvement de « rassemblement contre l’immigration, la pauvreté et la corruption ».

Résultats aux élections législatives (%-sièges)

29 octobre 2016 : 3,5% - 0/63

28 octobre 2017 : 8,9% - 1/63

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau