Ville-mondes spécial Reykjavik.

L’émission de France culture, Ville-mondes, de Colette Fellous, a consacré deux volets à Reykjavik, les 3 et 10 février 2013. Ces épisodes sont très intéressants. De personnalités islandaises racontent « leur » capitale, avec amour, mais aussi réalisme, nous faisant découvrir des quartiers, des bars, nous racontant les transformations de la capitale. Parmi ces grands Islandais, nous retrouvons, entre autre, l’auteur de polar, Árni Þórarinsson (première escale), Vigdís Finnbogadóttir, première présidente de l’Islande, Jón Kalman Stefánsson, le grand écrivain et Torfi Tulinius, l’universitaire.

Première escale : Reykjavik ou le roman des rues.

« Ville de littérature… » Reykjavik, une ville qui pourrait se donner à lire comme un roman, avec ses couleurs et ses minuscules bruits de tous les jours, avec la tôle ondulée des petites maisons qui scandent l'espace urbain, rouge, jaune, grise, les quelques oiseaux qui n'ont pas encore quitté l'île, le soleil qui vient d'apparaître après la gigantesque tempête de la nuit dernière. Portrait radiophonique d'une toute petite grande ville, posée sur la plus grande calotte glaciaire du monde, là-bas, dans ce bout de l'Europe, face à l'Amérique, sur cette terre d'Islande faite de roches volcaniques principalement et rythmée par les volcans, les solfatares, les geysers et les sources d'eau chaude. Mais aussi par la présence invisible d'elfes, de trolls, d'esprits et de créatures surnaturelles qui viennent malicieusement se faufiler dans la vie de tous les jours, si l'on en croit les légendes de la ville. Ici, le nom des rues honore les personnages des sagas islandaises et la ville se rêve d'être une grande capitale. Mais elle est si petite, si fragile (on dit que les enfants doivent rester à la maison en cas de grande tempête car ils risquent de s'envoler!), découpée à l'Ouest d'un pays presque désert, et c'est justement pour cela qu'elle est si forte et si attachante, qu'elle vibre de culture, de musique et de vie artistique. En 2011, l'Unesco l'a désignée « ville de littérature » pour son histoire littéraire extraordinaire et son héritage inestimable en matière de littérature médiévale. Mais aussi parce qu'elle est exemplaire pour son engagement dans le soutien des langues, dans les initiatives de traduction et dans les échanges internationaux. Reykjavik, prise entre ses rues, ses cafés branchés et alternatifs, ses galeries, ses boutiques de créateurs, ses piscines, ville à la fois modeste et magique, calme et bouillonnante, moderne et jamais oublieuse de sa mémoire de petit bourg, une ville qu'on apprend à aimer et surtout à écouter se raconter.

 

Deuxième escale: Reykjavik, dehors-dedans.

Reykjavik, cette toute petite capitale inégalable, dessinée dans la baie de Faxafloi, au Sud-Ouest de l'Islande, île magique de glace et de feu, à 250 kms du Groenland, dans une région où se succèdent avec majesté des criques, des détroits, des péninsules, des îles minuscules. Pour comprendre Reykjavik, sa vitalité, son excentricité, sa soif de culture et de musique, son envie de dépasser ses propres limites, il faut avant tout comprendre la nature qui l'entoure, à perte de vue. Une nature somptueuse et sauvage, douce et violente, qui peut se métamorphoser en quelques minutes, sur cette terre essentiellement volcanique et offerte aux éléments. Dehors-Dedans, c'est ainsi que nous pourrions l'aborder aujourd'hui, guidés par le regard d'écrivains, de poètes, de créateurs et de personnalités incontournables comme Vigdís Finnbogadóttir qui a été la première femme présidente de la République Islandaise, de 1980 à 1996, en quatre mandats successifs. Ou Jon Kalman Stefánsson, un des plus grands écrivains contemporains. Dans la vieille ville, très vite, les repères se prennent, les rues principales qui se croisent et ne dépassent pas les doigts d'une main, le port, le musée qui vient de fêter les 80 ans du peintre Erró, la salle de concert Harpa, face à la mer, les cafés branchés, les petits bars végétariens, les cafés mythiques, les librairies, la prison, le café Babalu, le café Paris, la rue Skulagata, qui veut dire la rue de la piscine, devenue une des rues les plus commerçantes aujourd'hui. Et l'ambiance silencieuse du port, comme une image arrêtée. Avec enfin tous les noms d'oiseaux qui peuplent la montagne Esja, montagne magique qui abrite aussi elfes, esprits, fantômes et lutins : les fous de Bassan, les mouettes rieuses, les sternes arctiques, les macareux moines. Reykjavik, une ville insolite et enchanteresse…

 

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