Les meurtres de Valhalla, une série réussie

Confinement oblige, je me suis lancé dans la vision de Meurtres à Valhalla, sur Netflix. Cette série policière islandaise, coécrite par Óttar Martin Norðfjörð (auteur de Le sang d’Odin) est intéressante et je trouve que c’est une réussite.

 

Création : Þórður Pálsson

Avec :

                Nína Dögg Filippusdóttir….. Kata

                Björn Thors…………………. Arnar

01 14

Des personnes sont retrouvées assassinées, à coups de couteau, avec les yeux crevés. La similitude de ces homicides laissent à supposer l’existence d’un meurtrier en série… une première en Islande. D’ailleurs, un ancien flic islandais, Arnar, qui travaille maintenant à Oslo, est rappelé pour prêter main forte à la brigade criminelle de Reykjavík et notamment Kata, qui est chargée de l’enquête, bien que le poste de responsable de la brigade lui soit passée sous le nez, au profit d’une autre policière, fraichement débarquée. Il s’avère bien vite que ces meurtres sont rattachés à un foyer, Valhalla, où de jeunes garçons en rupture familiale, étaient placés dans les années 80.

On y retrouve de nombreux les ingrédients du polar islandais, que les amateurs du genre apprécieront.

  • Des policiers tourmentés par leur vie personnelle.

    Kata, séparée de son mari, a des difficultés à s’occuper de son fils adolescent, qu’elle soupçonne même de s’être rendu complice d’un viol. Jusqu’où peut-elle aller pour le protéger ?

    Arnar cache un passé lourd de secret et qui, au fur et à mesure qu’il se révèle, par bibes, semble terrifiant. Le policier est rejeté par l’entourage de sa famille ; un entourage bien étrange.

  • Des violences commises derrière les murs, en huis-clos. On découvre que les jeunes garçons du foyer de Valhalla étaient battus, humiliés et violés. Si cette situation est restée cachée, c’est que les coupable, bénéficiant de leur statut social important, ont bénéficié de complicités ou, au moins, du silence des possibles témoins, notamment de la police de l’époque, restée timorée. Il aura fallu ces quatre assassinats pour qu’éclate la vérité sur ce foyer.
  • Des policiers sortent du lot et c’est grâce à leur ténacité et leur confrontation à une hiérarchie pesante, que les affaires avancent. Kata mène l’enquête malgré le grief qu’elle ressent contre ses supérieurs, qui l’ont privée d’un poste qui devait lui revenir naturellement. Ce sont les interrogations d’Hudrún, la scientifique, qui laisse supposer que l’affaire n’est pas encore réglée, même si le meurtrier a été découvert. Mais, c’est aussi la persévérance d’un simple policier de province, qui permet de faire davantage la lumière sur Valhalla et les personnes impliquées.
  • Enfin, la disparition, à l’époque du foyer, de Tómas, un des pensionnaires, dont on suppose qu’il est mort de froid, en se perdant sur la lande, n’est pas sans rappeler ce qui est arrivé au frère d’Erlendur, le célèbre inspecteur des romans d’Arnaldur Indriðason.

En revanche, quel ne fut pas mon étonnement lorsque le meurtrier est confondu, au cinquième épisode, révélant sa culpabilité, avant de se suicider. Etrange, d’autant qu’il reste trois épisodes ! c’est là qu’intervient le brio des scénaristes. L’un des assassinats ne colle pas avec les autres. Face à la hiérarchie, décidée à clore rapidement le cas du premier meurtrier en série du pays, les protagonistes principaux vont devoir se battre pour faire TOUTE la vérité sur l’affaire. Cependant, arrivé au huitième et dernier épisode, on se rend compte que tous les mystères qui planent autour d’Arnar n’ont pas été levés. Serait-ce afin de ménager une deuxième saison ?

Essayez de voie la série en version originale islandaise… effet mystère renforcé !

série TV Netflix