Trapped, une deuxième saison peu convaincante

Fort du joli succès de la première saison, France 2 avait programmé cette deuxième saison de Trapped, cinq lundis de suite, en première partie de soirée, à raison de deux épisodes par soir. Mais devant le nombre trop faible de téléspectateurs, la chaîne à précipiter les choses, en diffusant les quatre derniers épisodes, le même soir, à partir de 22h30. Certes l’audience n’est pas systématiquement un gage de qualité, mais ce peut être un indicateur.

J’avais été séduit par la première saison (voir Trapped : une belle réussite), dirigée par un réalisateur désormais reconnu par les spécialistes, Baltasar Kormákur. Mais, ce deuxième opus ne m’a pas convaincu.

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Les points positifs d’abord. Les épisodes sont agrémentés de très beaux paysages de landes volcaniques, aux nuages bas et lourds. L’histoire policière est originale, qui mêle politique et règlements de comptes familiaux, dans une petite bourgade du nord de l’Islande. Des thèmes de société très actuels sont abordés : l’exploitation des ressources du pays, sur fond de corruption politique et d’atteinte à l’environnement, la montée de mouvements nationalistes, qui réclament l’Islande aux Islandais et s’opposent aux étrangers (investisseurs, comme travailleurs), l’homosexualité, tolérée en surface seulement.

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A cela, s’ajoutent des histoires intimes liées aux personnages : de lourds secrets de famille, les rapports tumultueux et d’incompréhension entre un père et sa fille adolescente.

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Les points négatifs enfin. L’histoire souffre d’une lenteur qui s’apparente vite à des longueurs inutiles. Les histoires s’embrouillent les unes dans les autres et la fin est bien trop « cousue de fil blanc ». On comprend qu'Andri, le personnage principal, sans cesse les mains dans les poches, n'a pas réussi à tenir le public en haleine, malgré quelques rebondissements, un peu trop rares (un enlèvement, un meurtre).

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De plus, pour les spectateurs attentifs et connaisseurs de l’Islande se pose une incohérence géographique. La première saison se déroulait à Seyðisfjörður, à l’est du pays, port d’arrivée du ferry en provenance des Féroé. Cette deuxième saison est censée se dérouler au même endroit, puisque le principal personnage, le policier Andri, désormais à Reykjavík, revient dans la ville où il a travaillé et où il retrouve ses anciens collègues, Hinrika et Ásgeir. Or, l’action se situe à Siglufjörður, au nord de l’île. J’aimerais savoir comment ce changement a été justifié en Islande, où les téléspectateurs n’ont certainement pas manqué de le constater.

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Baltasar Kormákur a récemment déclaré qu’une troisième saison est déjà en cours d’écriture afin de raccourcir le délai entre les deux saisons (trois ans entre les saisons 1 et 2). Espérons qu’avec son savoir-faire, on retrouvera le niveau et le plaisir des débuts.

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Magnús Geir Þórðarson, directeur de la télévision publique islandaise, RÚV,

et Baltasar Kormákur sur le tournage de Trapped.

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