Absolution (Aflausn) d’Yrsa Sigurðardóttir

ABSOLUTION (Aflausn)

Yrsa Sigurðardóttir

Absolution 2 ♦♦♦♦♦

 

4ème de couverture (Actes sud) :

 « C’est par des vidéos transmises sur Snapchat à tous les contacts de la victime que la police islandaise est avertie d’un crime. On y voit la jeune Stella, terrifiée, demander pardon avant sa mise à mort. Quelques jours plus tard, près du corps, un papier sur lequel est seulement écrit le chiffre 2 sera retrouvé.

L’inspecteur Huldar est chargé de l’enquête, et la psychologue pour enfants, Freyja, doit l’aider à mener les interrogatoires des amies de l’adolescente. Très vite, tous deux comprennent que Stella était loin d’être l’ange que beaucoup décrivent. Mais qui aurait pu en vouloir à une lycéenne au point de la tuer ?

Peu après, un jeune homme est enlevé chez lui, en l’absence de ses parents. Là encore une feuille est découverte sur les lieux de la disparition : y est inscrit le chiffre 3. Jusqu’où la série se poursuivra–t–elle ? Et qu’en est–il de la victime numéro 1 ?

Dans cette nouvelle enquête haletante, Yrsa Sigurðardóttir met en lumière un drame totalement actuel, qui touche tous les pays, tous les pans de la société et toutes les classes, celui du harcèlement en milieu scolaire et, plus difficile à endiguer encore, sur les réseaux sociaux. »

Réflexions de lecture :

Nous retrouvons l’inspecteur Huldar et la psychologue pour enfants, Freyja, dans ce troisième volet de la série.

Comme à son habitude, Yrsa Sigurðardóttir nous entraine dans une histoire hors du commun. Absolution traite du thème très contemporain du harcèlement scolaire. Si ce phénomène n’est pas nouveau – Freyja elle–même en fut victime dans son enfance – il prend une ampleur incontrôlable du fait des réseaux sociaux. Comme le fait remarquer Yrsa, par la bouche de l’un de ses personnages, le harcèlement, qui se limitait à la période et à l’espace scolaire, devient permanent. Les enfants qui veulent y échapper en changeant d’école, sont bien vite rattrapés par leurs bourreaux, qui en créent de nouveaux, dans le nouvel établissement. L’autrice explore les ressorts psychologiques des victimes, qui vont de l’indifférence au suicide. Côté harceleurs, on retrouve les arguments éculés selon lesquels il ne s’agit que d’un jeu d’enfant et que les victimes elles–mêmes n’ont qu’à savoir se défendre. On l’a compris, la portée d’Absolution n’est pas simplement islandaise ; elle est universelle.

Deux jeunes harceleurs sont contraints à supplier et à demander pardon, filmés par un téléphone portable, avant d’être sauvagement massacrés à coup d’extincteur et de batte de baseball. Les images de ces assassinats atroces tournent alors en boucle sur Snapchat. La police doit faire vite, car une troisième victime potentielle demeure inconnue et introuvable. Yrsa ouvre de nombreuses portes et, comme elle le fait avec brio, brouille les pistes. Des personnages ont des choses à cacher et il est bien difficile, pour Huldar, de forcer les secrets, y compris ceux de son propre équipier.

Ce troisième volume de la série permet de parfaire notre connaissance des personnages. Freyja se débat avec un frère en prison et une situation financière délicate. Sa vie sentimentale est toujours très chaotique et sa relation hésitante avec Huldar ne se concrétise toujours pas. En ce qui concerne l’inspecteur, c’est sa situation professionnelle qui est compliquée. Ses relations avec sa supérieure, Erla, sont très mauvaises, depuis qu’il a déposé une plainte contre elle pour harcèlement sexuel. A l’exception de Guðlaugur, avec qui il fait équipe, tous ses autres collègues tournent le dos à Huldar, qui subit vexations et moqueries. Les deux policiers sont mis au placard et ce ne sont que des concours de circonstances qui vont les projeter sur le devant de la scène. Erla va devoir se rendre à ‘évidence que Huldar est un très bon enquêteur, qui vaut bien plus que les autres et dont elle ne peut pas se passer, d’autant que le temps presse.

Absolution est un bon roman, qui explore un thème très contemporain. Cependant, un moment donné, le récit se perd un peu et traine en longueur, alors que le dénouement arrive de façon précipitée. C’est un peu dommage, mais n’altère pas trop l’histoire et n’empêche pas qu’on soit tenu en haleine jusqu’à la fin.

Freyja et Huldar Yrsa Sigurðardóttir