ADN (DNA) d’Yrsa Sigurðardóttir

Yrsa sigurdardottir adn ADN (DNA) d’Yrsa Sigurðardóttir

4ème de couverture (Actes sud):

« Elísa Bjarnadóttir méritait d’être punie. Elle devait payer. Mais quelle faute pouvait justifier une telle violence ? On vient de retrouver la jeune femme à son domicile, la tête entourée de gros scotch, exécutée de la façon la plus sordide. L’agonie a dû être atroce. Sa fille de sept ans a tout vu, cachée sous le lit de sa mère, mais la petite se mure dans le silence. Espérant l’en faire sortir, l’officier chargé de l’enquête se tourne alors vers une psychologue pour enfants. C’est sa seule chance de remonter jusqu’au meurtrier. Ce dernier n’a pas laissé de trace, juste une incompréhensible suite de nombres griffonnée sur les lieux du crime.

Alors que les experts de la police tentent de la déchiffrer, un étudiant asocial passionné de cibi reçoit à sont tour d’étranges messages sur son poste à ondes courtes. Que cherche-t-on à lui dire ? Sans le savoir, il va se retrouver mêlé à l’une des séries de meurtres les plus terrifiantes qu’ait connues l’Islande.

                Avec ce roman addictif et glaçant, au dénouement inattendu, Yrsa Sigurðardóttir confirme son statut de reine du polar islandais.»

 

Réflexions de lecture :

ADN est le premier volume d’une trilogie. Nous faisons la connaissance de ceux qui semblent devenir les personnages récurrents de cette série : le policier Huldar et la psychologue pour enfants, Freyja.

Avec ce polar, Yrsa nous plonge dans de nombreux domaines, dont le principal, original et aujourd’hui anachronique, est la CB. Comme à son habitude, on sent que l’auteur a mené des recherches approfondies pour aboutir à son œuvre. Recherches sur l’enfance traumatisée, sur les radioamateurs ou sur les corps humains. ADN confronte le lecteur à un tueur en série, qui assassine ses victimes de façon particulièrement atroce et inédite, avec des appareils ménagers. Après la lecture, vous ne verrez plus votre aspirateur de la même façon ! L’histoire commence par une scène qui se passe en 1987, dans les locaux d’un service social à l’enfance, puis, dès le deuxième chapitre, fait un bon dans le temps et nous emporte en 2015. Bien sûr, ce n’est qu’à la fin du livre, que le lecteur fait lien entre les deux époques, à condition de se poser des questions, car ce n’est pas Yrsa qui nous révèle ce lien. Il faut le trouver soi-même.

Les personnages sont souvent cabossés : enfants adoptés, parents morts très tôt, couple stérile… Même Ríkharður, l’adjoint de Huldar, si propre sur lui et tiré à quatre épingles, commet quelques négligences. Le personnage principal, Huldar, n’est pas un flic reconnu, au contraire. Il ne doit sa nomination à la tête de l’enquête, qu’à la mise à l’écart de la plupart des policiers de renom, suite à des affaires de corruption. Une enquête qui apparaît d’emblée si compliquée, qu’Egill, le supérieur de Huldar compte bien en tirer profit, soit pour s’attribuer la victoire, soit pour accabler son subordonné, en cas d’échec. L’autre personnage, Freyja, est la directrice d’une maison pour l’enfance. Sa vie personnelle est plutôt ratée. Elle est célibataire et essaie de trouver une aventure qui pourrait durer plus d’une nuit. La première rencontre entre ces deux protagonistes est d’ailleurs très surprenante et inattendue.

Le suspense est maintenu tout au long du roman et le lecteur en haleine, entre rebondissements et voies de garage. Même si à force de lire des polars islandais, on a un petit doute sur l’identité du coupable, le dénouement est savoureux et l’on comprend alors le titre du roman, qui est, pour une fois, similaire en islandais, DNA. Contrairement à ce à quoi elle nous avait habitués, Yrsa n’a pas teinté son œuvre de relents de fantastique ou de paranormal. C’est avec envie donc que j’attends les prochains tomes de la série.