Excursion (Hálenðið) de Steinar Bragi

Excursion 300x460 Excursion (Hálenðið) de Steinar Bragi

(Quelques photos du sandur vous attendent dans Autour de... Excursion.)

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4ème de couverture (Métailié):

« Quoi de plus efficace pour échapper au stress de la vie citadine qu’une virée en 4x4 sur les hautes plateaux désertiques de l’est de l’Islande avec un coffre rempli d’alcool et d’herbe ? Les deux jeunes couples qui s’y risquent ne sont pas au bout de leurs surprises. Perdus dans le brouillard et la neige ils entrent en collision avec une maison qui ne devait pas se trouver là et dans laquelle vit un vieux couple qui leur offre l’hospitalité.

Le monde et le temps se mettent alors à se transformer, la violence devient palpable. Les voyageurs essaient d’échapper à cette étrange maison et à ses occupants, mais ils y retournent inexorablement.

Dans l’atmosphère de plus en plus lourde, les problèmes des quatre protagonistes font lentement surface. Plus ils tentent de fuir ce désert de rocs et de sable et ses barrages abandonnés, plus leurs conflits sous-jacents et leurs traumatismes refoulés apparaissent au grand jour. La nature qu’ils voulaient découvrir n’a plus rien de romantique, elle perd tout attrait et ne révèle que sa rudesse et son animalité. Le paysage devient agression.

Steinar Bragi intègre au thriller fantastique classique des éléments empruntés aux légendes islandaises, et donne ainsi une version islandaise d’un genre international. »

 

Réflexions de lecture :

Excursion met en scène quatre amis, deux couples, partis faire une balade en 4x4, de quelques jours, dans les sables, les sandurs, de la région du volcan Askja. Ils se perdent et rencontrent, de façon abrupte, une maison isolée, habitée par un étrange couple. A partir de là, Steinar Bragi nous entraine dans un thriller angoissant. Les quatre personnages sont peu à peu témoins de phénomènes étranges. Lorsqu’ils veulent quitter cette maison, ils y reviennent irrémédiablement. Cette atmosphère, déjà lourde, s’appesantit au fil des pages. Comme dans un film d’horreur où l’on attend avec angoisse le moment suprême, on tourne les pages, friands des futurs événements et, surtout, de l’explication de tout cela. En attendant, les deux couples se déchirent. Les vieilles querelles remontent à la surface, se transformant en haine. On découvre alors que leur vie passée, celle d’avant cette excursion censée les rapprocher à nouveau, est loin d’être sans tâche, entre alcool, drogue et scandales politico-financiers. Mais n’en va-t-il pas de même pour ce vieux couple perdu dans l’immensité du sandur, chez qui l’on soupçonne une sordide affaire d’inceste, enfouie dans le passé ?

L’auteur construit son récit par des chapitres consacrés à chacun des quatre personnages principaux, regroupés en quatre grandes parties. Au passage, il nous offre un plaidoyer pour la nature vierge, que défigurent un barrage abandonné et le village de tôles, qui en abritaient les employés.

Au détour de la page 56, Steinar évoque un autre grand auteur islandais de polar : « … un petit bonhomme avec une grande envie, un énorme appétit, lecteur assidu des œuvres d’Arnaldur Indridason… ». Hommage ou ironie ?

Hélas, si tous les ingrédients sont réunis pour un thriller angoissant et haletant, la réalisation n’est pas à la hauteur des espérances. Le récit est souvent confus. Les descriptions sont lourdes, difficiles à imaginer et certains passages carrément indigestes. Certes, on peut les lire en diagonale, preuve que ces passages n’apportent rien au récit, pour arriver au dénouement et se faire plaisir. Eh bien, non ! Quelle déception que cette fin sans queue, ni tête, qui semble bâclée. Enfin, comme pour son précédent roman, Installation, l’auteur prend plaisir à parsemer le roman, d’images sexuelles crues, pour ne pas dire pornographiques, alors que là, rien ne le justifie dans le déroulement du récit.

Steinar Bragi a de très bonnes idées de romans noir ; alors qu’il les fasse exploiter par d’autres !

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