Hypothermie (Harðskafi) d’Arnaldur Indriðason

9782864247234 Hypothermie (Harðskafi) d’Arnaldur Indriðason 18030 1650525

(Autour de... Hypothermie vous propose des articles sur les lacs islandais et sur la noyade des femmes adultères à Drekkingarhylur. Vous y trouverez aussi de nombreuses photos: les lacs si primordiaux dans ce récit, la terrible montagne Harðskafi ainsi que le terminal de bus BSI)

(Allez à la rubrique Polar et culture pour y lire, comme Maria, l'extrait de Du côté de chez Swann, de Marcel Proust.)

♦♦♦♦♦

4ème de couverture (éditions Métailié):

« Un soir d’automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d’une amie de cette femme qui lui affirme que ce n’était pas ‘’ le genre ‘’ de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l’au-delà avec sa mère. Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Au pays du fantastique et des fantômes, aussi dubitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé par l’audition de la cassette, se sent obligé de reprendre l’enquête à l’insu de tous.

Il découvre que l’époux de Maria n’est pas aussi fiable qu’il en a l’air et ses investigations sur l’enfance de la suicidée, ses relations avec une mère étouffante vont le mener sur des voies inattendues semées de secrets et de douleur.

Obsédé par le deuil et la disparition, harcelé par les frustrations de ses enfants, sceptique devant les croyances islandaises, bourru au cœur tendre, le commissaire Erlendur poursuite sa recherche sur lui-même et rafle tous les suffrages des lecteurs. »

 

4ème de couverture (Points policier):

« Au bout de la corde bleutée, le cadavre de Maria. Un suicide ? Erlendur n’y croit pas. Il rouvre le dossier. La vie de la jeune femme est un théâtre d’ombres : médiums, insomnies glacées, terreurs nocturnes, les morts vivaient à ses côtés. Quand elle était enfant, son père s’est noyé sous ses yeux. En Islande, on murmure que les secrets les mieux gardés demeurent au fond des lacs… »

« Il planait sur elle comme une ombre menaçante. »

 

Réflexions de lecture :

Hypothermie ouvre sur la découverte du corps d’une femme, Maria, qui s’est donné la mort par pendaison. Tout laisse à penser qu’il s’agit bien là d’un suicide et l’enquête policière, rapidement menée, termine sur cette conclusion.

Qu’est-ce qui pousse donc Erlendur à entreprendre une enquête parallèle, non-officielle, sur la mort de Maria ? Il se lance sur les traces de cette femme, dont on apprend qu’elle a été très marquée par les morts de son père, par noyade, et de sa mère à laquelle elle était très attachée. Par ce récit, Arnaldur nous fait pénétrer dans le monde de la vie après la mort, du spiritisme, des médiums. Il parsème l’histoire principale du roman de flash-backs dans la vie de Maria, écrits en italique. Le lecteur participe ainsi aux questionnements et au mal-être de cette femme.

 

L’acharnement d’Erlendur lui permet aussi de s’intéresser à trois cas de disparitions irrésolues, qui datent de 1976. On comprend bien que c’est en réalité sur lui-même qu’il mène son enquête. L’histoire de la disparition de son frère, Bergur, est omniprésente. L’auteur nous en livre même un récit détaillé à travers l’article d’un livre consacré aux disparitions en Islande.

 

Arnaldur n’a de cesse de creuser encore plus la personnalité de son personnage. On remonte à l’époque de la mort de ses parents, à celle des quelques années de vie commune avec sa femme, Halldora. Les enfants d’Erlendur sont aussi très présents et sa fille, Eva-Lind, tente d’organiser une rencontre entre ses parents ; rencontre qui se solde par un fiasco. Tout juste Erlendur trouve-t-il soutien et réconfort chez son amie, Valgerdur, dont la présence reste discrète. Le malaise est grandissant chez le policier. Pour la première fois, il résout une enquête sans que la solution soit certaine, sans, surtout, que la justice ne puisse intervenir. Les coupables, révélés par Erlendur, continueront à jouir d’une vie normale. C’est un échec pour le policier qui a mis tant de cœur dans cette enquête, laissant à ses comparses, Elinborg et Sigurdur Oli, le soin de faire tourner le commissariat ; ils n’apparaissent que sporadiquement. A la fin, Erlendur part sur les lieux de la disparition de son frère, dans les fjords de l’Est, sur la montagne d’Harðskafi, qui donne son titre original au roman. L’œuvre se conclut par une phrase inquiétante : « Bientôt, il avait disparu dans la brume glaciale. »

 

Pour compléter votre lecture, rendez-vous autour de... Hypothermie.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau