Indésirable (Kuldi) d’Yrsa Sigurðardóttir

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(La carte de localisation et quelques photos de la péninsule de Reykjanes dans Autour de ... Indésirable)

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4ème de couverture (Actes sud):

« Employé d’un obscur bureau gouvernemental islandais, Óðinn est chargé d’enquêter sur Krókur, un foyer éducatif réservé aux adolescents à problèmes dans les années 1970. L’établissement est fermé depuis longtemps, mais des abus mis au jour dans d’autres centres incitent l’État à passer ces foyers au peigne fin pour éviter tout nouveau scandale.

Une chape de silence semble peser sur Krókur, mais peu à peu Óðinn découvre que de sombres secrets entourent les anciens pensionnaires. À l’époque, deux jeunes garçons y avaient mystérieusement trouvé la mort, asphyxiés dans une voiture. Et personne ne sait vraiment ce qui est arrivé au bébé du couple qui gérait le foyer, disparu le jour de sa naissance, et dont le destin macabre semble encore hanter les lieux.

À mesure qu’il creuse l’affaire, Óðinn se met à entendre des voix, comme si les fantômes du passé, réveillés contre leur gré, s’insinuaient dans sa propre vie. La bouche d’ombre susurre à son oreille, et lentement tout bascule. Le doute, frère du malaise, rogne peu à peu les fragiles certitudes de son existence : la mort récente de son ex-femme était-elle vraiment un accident ? Et qu’a vraiment vu sa fille de onze ans ce jour-là ?

Jouant habilement des ressorts du surnaturel, Yrsa Sigurðardóttir, voix singulière de la littérature policière islandaise, signe un thriller spectral et glaçant. »

 

Réflexions de lecture :

Dans ce quatrième roman, publié en français, pas de héros récurrent. Le lecteur fait la connaissance d’Óðinn, simple employé d’une administration gouvernementale, chargé de reprendre l’enquête d’une collègue, brusquement décédée, sur un ancien foyer pour jeunes délinquants.

Le roman commence par la fin, où l’on assiste à la mort tragique d’un père et de sa fille, vraisemblablement assassinés. Puis, Yrsa nous fait remonter le temps et nous entraine, alternativement, dans deux périodes.

La période contemporaine de l’écriture du roman nous conduit aux côtés d’Óðinn. Là le récit se divise encore en deux temps. Le temps de l’enquête, que l’on suit pas à pas et le temps des dernières années de vie familiale du protagoniste, où l’on apprend le décès accidentel de sa femme, Lára.

Le récit remonte aussi au début de l’année 1974, où le lecteur est transporté dans le foyer de Krókur, isolé sur la péninsule de Reykjanes. Là, nous assistons à la vie de cette institution, à l’arrivée d’un nouveau jeune, Einar, à travers les yeux d’Aldís, la jeune fille employée au service de la cuisine et du ménage.

Yrsa Sigurðardóttir a le chic pour manier le mystère. Elle laisse planer des doutes, des ambiguïtés et présentent certains faits de telle sorte que l’on ne peut qu’émettre des doutes sur ce qui apparait pourtant comme avéré.

Ainsi, les morts s’accumulent. Le bébé mort-né du couple qui dirige Krókur, la mort accidentelle, par asphyxie, de deux jeunes adolescents du foyer, le décès, lui aussi accidentel, par défénestration, de l’ex-femme d’Óðinn et la crise cardiaque, subite, de Róberta, la collègue, qui enquêtait sur le foyer en question. Ces morts sont-elles toutes aussi naturelles qu’il y paraît ?

D’autres mystères planent sur le récit. Qu’ont réellement vu et que savent exactement la belle-mère d’Óðinn et Rún, sa fille de onze ans, sur le décès de Lára ? Óðinn, lui-même, tellement ivre la nuit du drame, qu’il ne peut remettre en ordre ses souvenirs, aurait-il joué un rôle actif dans cette défénestration ? En 1974, au foyer de Krókur, qu’est devenu le corps du bébé mort-né ? Qui est cet énigmatique nouveau « pensionnaire », Einar et, surtout, qu’a-t-il fait pour être ici ?

L’auteur ménage le suspense et il faut attendre les ultimes chapitres pour voir les différentes histoires s’entrecroiser, pour finir tragiquement, là où le roman avait commencé. Comme à son habitude, Yrsa introduit des éléments puisés dans le registre du surnaturel : voix, ombres, visions, odeurs, fenêtre inexplicablement ouverte… Elle confirme ainsi son style romanesque, qui mêle polar et fantastique.

Cette nouvelle œuvre proposée en français est, à nouveau, une belle réussite.

 

Pour prolonger la lecture, rendez- vous Autour de ... Indésirable.

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