L’énigme de Flatey (Flateyjargáta) de Viktor Arnar Ingólfsson

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(vous voulez voir des photos de l'île ou en savoir plus sur Livre de Flatey, alors rendez-vous autour de...L'énigme de Flatey)

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4ème de couverture (éditions du Seuil, collection « policiers ») :

« Un corps quasiment à l’état de squelette est retrouvé par des pêcheurs sur un îlot isolé au large de Flatey, petite île située à une centaine de milles au nord de Reykjavik. L’adjoint du préfet, Kjartan, dépêché pour prendre possession des restes et établir un rapport, n’a aucune expérience des enquêtes criminelles. Les habitants de l’île ne lui sont pas d’une grande aide et il faudra un coup de main de la police du continent pour établir que la victime était un universitaire danois spécialisé dans les sagas nordiques.

Une seule chose peut expliquer la présence, incognito, du professeur dans cette région reculée : le Livre de Flatey, compilation de textes du Moyen Âge relatant les aventures des rois de Norvège. Or la copie conservée sur l’île contient une énigme, sous forme de charade en quarante questions, dont tous les spécialistes cherchent en vain la clé depuis longtemps. Ce qui n’explique pas pour autant qui, parmi ces pêcheurs frustres et travailleurs, pouvait vouloir sa mort.

Le Livre de Flatey doit toute sa saveur et son originalité à la description pittoresque du mode de vie d’une petite communauté vivant en autarcie de la pêche et de la chasse au phoque dans les années 60. »

 

4ème de couverture (Folio policier):

« Un squelette gît au large de Flatey, petite île de pêcheurs au nord de l’Islande. Kjartan, jeune enquêteur, ne tarde pas à découvrir son identité : Gaston Lund. Qui voulait la mort de ce Danois débarqué pour consulter le mystérieux Livre de Flatey ? Mythique, le manuscrit contient une énigme irrésolue en quarante questions. Contre brume et mutisme, Kjartan doit résoudre l’équation mortelle. »

« Nous risquons qu’un esprit vienne nous hanter après qu’un homme a péri de façon si horrible. »

 

Réflexions de lecture

Comme son nom l’indique, ce roman tourne autour du Livre de Flatey , ouvrage médiéval, qui est une compilation des fameuses sagas islandaises. Une querelle oppose l’Islande à son ancienne puissance tutélaire, le Danemark, afin de savoir quelle nation doit détenir le précieux ouvrage. Toujours est-il que, pour l’instant, au moment de l’histoire, une copie est déposée à la bibliothèque de l’île de Flatey. Or, cette copie recèle, en plus, une énigme de quarante questions, dont les réponses sont à chercher dans le fameux livre ; ceci, sans recopier cette énigme et la faire sortir de l’enceinte de ladite bibliothèque, sous peine de malédiction mortelle ! De là à penser que Gaston Lund est mort de cette malédiction, il n’y a qu’un pas… alors franchissons-le ! Car, bien sûr, n’allez pas croire qu’il s’agisse d’un ouvrage sur les sagas. Il y a une victime, un enquêteur ; c’est bel et bien un roman policier.

 

C’est un roman original à plus d’un titre.

Originalité de la mort de la victime. Pas de balles, pas d’étranglement, etc… mais un homme mort de faim, abandonné sur un îlot rocheux.

Originalité de l’enquêteur. Pas de policier, pas de journaliste, etc… mais l’adjoint du préfet du bourg important du coin, Patreksfjörður (627 habitants en 2011 !). Un magistrat tout frais émoulu de la faculté de droit, dont l’ambition est de s’occuper des contrats hypothécaires… à mille lieux de l’enquête que les autorités lui demandent de commencer.

Originalité dans la construction du roman. Chaque chapitre est construit avec une large partie consacrée au récit principal, celui de la mort de Gaston Lund et de l’enquête. Puis, à la fin, on trouve un paragraphe sur le Livre de Flatey. Un peu comme si quelqu’un nous expliquait ce qu’est ce livre et surtout, chapitre après chapitre, nous posait les fameuses quarante questions et avançait une ou plusieurs propositions de réponses. Cette construction peut dérouter, casser le récit. Eh bien, pas du tout, on s’y fait d’autant plus facilement que ce paragraphe est physiquement distingué de l’histoire principal : en fin de partie, séparé du reste et écrit en italique. Petit à petit, on se prend au jeu de l’énigme.

 

Viktor Arnar nous livre une description précise de l’île de Flatey. Comme dans un reportage, se déroule devant nous la vie quotidienne des Flateyingiens. On y apprend les noms des oiseaux de la région. On parcourt d’autant plus facilement l’île que l’auteur nous en donne un plan au début du roman. On peut ainsi situer chaque maison, chaque recoin. Le caractère insulaire du lieu implique que le roman se déroule presqu’en huis-clos, sans que celui-ci ne soit étouffant ou angoissant comme ça peut être le cas parfois.

 

Si l’on veut trouver une difficulté de lecture, celle-ci résiderait dans l’abondance des noms des personnages. Certes, on ne peut pas y couper ; il faut bien nommer les individus. Mais pour un lecteur français, ces noms islandais étranges sont compliqués et l’on a tendance à s’y perdre un peu. Il faut parfois remonter en arrière pour resituer tel ou tel individu. Alors, un conseil : faites-vous une petite liste des acteurs du roman, que vous complétez au fur et à mesure de la lecture, avec leurs noms, leurs fonctions, leurs domiciles et, surtout, leurs liens de parenté ou leurs relations. C’est bien utile.

 

Hormis cette « difficulté » que je viens d’évoquer, L’énigme de Flatey est un bon polar, dont je conseille vivement la lecture. La fin est très surprenante et c’est ce qu’on attend d’un roman policier ! Dès la dernière page tournée, je n’ai regretté qu’une seule chose : qu’aucun autre roman de Viktor Arnar Ingólfsson ne soit traduit en français.

 

Pour compléter votre lecture, rendez-vous autour de... L'énigme de Flatey

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