L’homme du lac (Kleifarvatn) d’Arnaldur Indriðason

46295 indridason L’homme du lac (Kleifarvatn) d’ Arnaldur Indriðason L homme du lac

(vous voulez voir des photos des principaux bâtiments de Leipzig cités dans le roman ou la fameuse Ford Mustang noire, alors rendez-vous autour de ... L'homme du lac)

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4ème de couverture (éditions Métailié):

« En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi-effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s’intéressent alors aux disparitions non-élucidées dans les années 60, ce qui conduit l’enquête vers les ambassades des pays de l’ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l’Est, pendant la guerre froide.

Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l’absurdité d’un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.

Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et élu par l’amour fidèle d’une crémière abandonnée, s’obstinera à remonter la piste de l’homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.

Indridason nous raconte une magnifique histoire d’amour victime de la cruauté de l’Histoire, sans jamais sombrer dans le pathos. L’écriture, tout en retenue, rend la tragédie d’autant plus poignante. »

 

4ème de couverture (Points policier):

« Il dormait au fond d’un lac depuis soixante ans. Il aura fallu un tremblement de terre pour que l’eau se retire et dévoile son squelette, lesté par un émetteur radio recouvert d’inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacés. Qui est donc l’homme du lac ? L’enquête révèlera au commissaire Erlendur le destin tragique d’étudiants islandais confrontés aux rouages implacables de la Stasi. »

« Le lac lui-même avait voulu dévoiler ce crime. »

 

Réflexions de lecture :

Dans ce nouvel opus de la série Erlendur, Arnaldur réalise la prouesse de nous raconter, en parallèle, pas moins de huit récits différents. Prouesse, car le roman n’en ressent ni lourdeur ni confusion. Bravo Arnaldur.

La première histoire, l’enquête principale, est celle de la découverte d’ossements dans le lac de Kleifarvatn. Comme dans La femme en vert, Erlendur et ses collègues sont confrontés à une mort qui remonte à plusieurs dizaines d’années ; un cold case comme un dit maintenant. D’ailleurs, on peut lire, au détour d’une page, un clin d’œil à La femme en vert : « Elle se demandait s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme et se souvint d’avoir lu quelque part, probablement dans un roman policier, qu’il n’existait pratiquement aucune différence entre un squelette féminin et masculin… »

La deuxième histoire est celle d’un mystérieux personnage, dont on ne découvrira l’identité que plus tard et qui raconte son expérience d’étudiant dans l’Allemagne de l’Est des années 60, en plein régime communiste.

L’enquête des policiers les conduisent à s’intéresser au cas d’un représentant en machines agricoles qui a mystérieusement disparu, plantant sur le trottoir, la douce crémière dont il était amoureux, sans que celle-ci ne s’en remette jamais. C’est par compassion pour cette femme et parce qu’il s’agit d’une disparition, sujet qui lui est cher, qu’Erlendur s’obstine à faire des recherches, ne sachant pas s’il y a ou non un lien avec le squelette du lac. Tout cela constitue la troisième histoire.

Comme dans les autres ouvrages, la vie personnelle de notre inspecteur vient se rappeler au lecteur. Cette fois-ci, on s’éloigne un peu d’Eva-Lind, la fille d’Erlendur, pour faire la connaissance de Sindri Snær, son fils ; quatrième récit.

A cela s’ajoutent de petites histoires, sans grand intérêt, mais qui viennent agrémenter le roman. C’est la publication du livre de recettes d’Elingborg et toute la tension occasionnée par cet événement. C’est aussi, la description d’un couple de personnes qui se promènent sur la plage et que le personnage de la deuxième histoire, voit devant sa fenêtre, et qui sert d’interlude lorsqu’il se plonge dans ses souvenirs. Ce sont les coups de fil pathétiques, à Sigurdur Oli, d’un homme qui se rend coupable de la mort de sa femme et de son enfant dans un accident de voiture, dans lequel, pourtant, il n’a rien à voir. On atteint donc sept récits différents ; et même huit si l’on compte les furtives apparitions de Valgerdur, la bien aimée d’Erlendur, avec qui notre inspecteur franchit une étape supplémentaire.

 

Dans ce roman, Erlendur continue d’être attiré par les cas de disparitions et continue surtout d’être hanté par celle de son frère, à l’époque de leur enfance. Il s’appuie encore sur Marion Briem, qui oriente son protégé, mais dont la santé ne cesse de décliner.

Comme je l’ai évoqué plus haut, L’homme du lac donne l’occasion de se concentrer sur le fils d’Erlendur Sindri Snær qui apparaît comme aussi paumé que sa sœur et visiblement aussi marqué par le départ et le désintérêt, du moins apparent, de son père. On découvre que son truc à lui, ce ne sont pas les stupéfiants, mais l’alcool. Quant à Eva-Lind, on apprend qu’elle a agressé violemment Sigurdur Oli et qu’elle a quitté son établissement de cure avant de replonger dans la drogue.

 

Une fois de plus, ce ne sont pas les policiers qui découvrent le meurtrier. C’est ce dernier lui-même qui se dénonce dans un texte qui raconte toute l’histoire qui a conduit à l’immersion du corps de la victime dans le lac de Kleifarvatn. L’enquête a tout juste le mérite de conduire les policiers au domicile du coupable, sans toutefois savoir qu’il est le meurtrier. Dans ce roman, comme dans les autres, ce sont les personnages, leur histoire, leur psychologie qui sont au centre du récit. L’enquête n’est que le prétexte pour raconter ces personnages. Les livres d’Arnaldur sont autant des livres de psychologie et de société que des polars et L’homme du lac s’apparente même à un roman d’espionnage.

Ce quatrième roman traduit d’Arnaldur est à nouveau une brillante réussite.

 

Pour compléter votre lecture, rendez-vous autour de... L'homme du lac.

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