L’incendiaire (Vargurinn) de Jón Hallur Stefánsson

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(pour voir des photos de Seyðisfjörður, rendez-vous autour de... L'incendiaire)

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4ème de couverture (Gaïa Editions) :

« Sur les hauteurs de la petite ville islandaise de Seyðisfjörður, un feu s’est déclaré. Cet incendie n’est pas le premier. Déjà un an auparavant, la maison du pasteur Aðalsteinn a brûlé.

Règlement de comptes ? Lubie destructrice ? Qui est cet incendiaire récidiviste ? L’inspecteur Valdimar Eggertsson de la criminelle de Reykjavík est missionné sur place. Une occasion qui tombe à pic pour mettre en sourdine une relation amoureuse un peu houleuse.

De son regard d’étranger, d’homme de la capitale, il va se faire un plaisir de passer la ville au peigne fin, malgré les averses de grêles et les tempêtes de neige qui ne facilitent pas le travail et isolent la région du reste de l’Islande. Smári, le brigadier-chef local travaille à ses côtés. Celui-ci connaît le fjord comme sa poche et est doté d’une intime connaissance des habitants. Trop intime, peut-être ? »

 

4ème de couverture (Babel Noir) :

« Sur les hauteurs de la petite ville islandaise de Seyðisfjörður, un incendie a ravagé la maison d’un capitaine de chalutier, alors que celui-ci passait des vacances en Espagne avec sa famille. Un an plus tôt, la maison du pasteur avait elle aussi brûlé. Pour Smári Jósepsson, brigadier-chef en charge de l’enquête, l’intention criminelle ne fait aucun doute.

Règlement de comptes ? Lubie destructrice ? L’inspecteur Valdimar Eggertsson de la criminelle de Reykjavík est missionné sur place. Smári est doté d’une intime connaissance des protagonistes, tandis que Valdimar apporte un regard d’étranger, d’homme de la capitale. Malgré les averses de grêles et les tempêtes de neige qui ne facilitent pas le travail et coupent la région du reste de l’Islande, ils passent la ville au peigne fin.

Dans une ambiance sombre comme le soleil de minuit, Jón Hallur Stefánsson démasque les compromissions des uns, les hypocrisies des autres, et les vieilles haines exacerbées dans les petites communautés isolées. »

 

Réflexions de lecture

Je l’avais dit en refermant Brouillages, vivement la lecture du deuxième opus traduit de Jón Hallur. Pas de déception avec L’incendiaire, c’est aussi un bon polar ; d’où l’amer regret que davantage de romans de cet auteur ne soient pas traduits.

L’histoire se passe dans le cadre fermé du village de Seyðisfjörður, 750 habitants ; même si l’auteur précise, en exergue : « la société qu’elle décrit [l’histoire] est toutefois pure invention et ne correspond pas à la réalité ». L’intérêt réside dans le fait que le roman se déroule comme dans un huis-clos que les intempéries renforcent, isolant encore plus le lieu du reste du pays. Comme dans un village, tout le monde se connaît, tout le monde s’épie. Les rumeurs vont bon train. Les protagonistes sont tous plus ou moins liés les uns aux autres : liens familiaux, amicaux, professionnels, etc… Comme dans un village, ces liens se tissent, se rompent, se tissent à nouveau… Jón Hallur montre brillamment comment cette société policée, « bien comme il faut », se fissure et s’effondre lorsqu’un grain de sable vient en bloquer les rouages. Les bas sentiments humains reprennent le dessus : la haine, le mensonge, la trahison… Paradoxalement, l’un des rares protagonistes qui reste fidèle à ses valeurs est la personne coupable elle-même.

De plus, l’auteur nous gratifie de quelques descriptions qui sont comme autant d’études psychologiques des gens face au drame : la perte de sa maison avec cette épée de Damoclès que représente la main criminelle incendiaire qui peut frapper à nouveau, mais aussi, et surtout, le drame de la perte d’un enfant. Ces passages, loin d’alourdir le récit, nous permettent une plongée dans l’âme des acteurs du drame.

Valdimar, le policier venu de la capitale, apporte un regard plus objectif sur cette microsociété, même si ce regard est parfois embrumé par des certitudes vite posées ou par une histoire personnelle, notamment amoureuse, elle-même tragique dans un certain sens. S’il ne s’appesantit pas sur l’intime de son personnage central, Jón Hallur procède par petites touches, disséminées ici ou là, comme pour rappeler que la neutralité est impossible et que chacun réagit avec son être.

Enfin, même si la fin me semble une peu précipitée et « facile », c’est avec surprise qu’on découvre l’identité du coupable (en tout cas, moi, je n’ai rien vu venir) ; ce qui, pour un polar, est plutôt un point fort.

 

Pour compléter votre lecture, rendez-vous autour de... L'incendiaire.

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