La glace (John Kåre Raake)

LA GLACE (Isen)

John Kåre Raake

La glace♦♦♦♦♦♦

ALBUM PHOTOS

Présentation de l’éditeur (Michel Lafon)

Anna Aune, ancien membre des forces spéciales norvégiennes, a accepté d’accompagner le Pr Zakariassen au pôle Nord. Leur mission : observer les effets du réchauffement climatique sur la banquise.

Le jour de la Toussaint, la nuit arctique est déchirée par la lueur d’une fusée de détresse tirée de la base chinoise voisine d’Isdragen. Anna et Daniel sont les seuls à pouvoir aller sur les lieux. Et c’est une vision d’horreur qui les y accueille : dans les locaux, ils découvrent plusieurs hommes morts, complètement gelés. Ils se rendent rapidement à l’évidence : les scientifiques chinois ont été assassinés. Au même moment, une terrible tempête polaire se lève, les isolant du reste du monde. Prise au piège, Anna n’a pas le choix : elle doit retrouver le meurtrier et comprendre ce qui s’est passé.

Son enquête va la mener au cœur d’une lutte sans merci entre pays convoitant les ressources enfouies au plus profond de ces terres hostiles…

Quand le danger est partout, on ne peut se fier qu’à son instinct.

 

Réflexions de lecture :

La glace est le premier roman du scénariste norvégien John Kåre Raake.

Anna, une ex-membre des forces spéciales norvégiennes, accompagne le professeur Daniel Zakariassen, un ami de son père, dans une mission d’observation, proche du pôle nord. Quand les deux comparses voient une fusée de détresse tirée au loin, ils se rendent dans la station chinoise, Isdragen, où il découvrent un carnage. Les membres de la station sont tous morts, à l’exception de deux d’entre eux, Jackie – les Chinois aiment à se donner des surnoms occidentaux –, qui n’a été que blessé et Marco, qui était en mission à l’extérieure de la base, lors du massacre.

On peut séparer la construction du roman en deux parties :

La première, qui couvre les deux-tiers du roman, où Anna et Daniel tentent de savoir ce qui s’est passé. Il leur faut découvrir si le meurtrier est parmi l’un des rescapés ou s’il s’agit d’un autre individu, terré dans les alentours de la station, prêt à bondir sur les derniers témoins du drame. L’auteur nous entraîne dans un huis-clos à l’atmosphère pesante. La tempête de neige qui sévit et empêche, pour un temps, tout secours, renforce l’isolement des protagonistes, d’autant qu’une succession d’avatars techniques rend impossibles tout retour en arrière et toute communication extérieure. Dans ces conditions, Anna, qui souffre d’un choc traumatique dû à la disparition de son amant, Yann, lors d’une mission en Syrie, ne cesse de revoir, par flashs, des épisodes de sa vie d’avant : sa rencontre avec Yann, la mort de ce dernier… Elle est victime d’hallucinations qui la transportent, pour quelques minutes, dans un autre monde, loin des étendues glacées de la banquise. Ces « absences » pourraient mettre sa vie en péril, alors qu’elle a besoin de toutes ses capacités pour traquer le meurtrier polaire. Même si elle souffre parfois de quelques longueurs, cette partie est bien réussie par Raake , qui arrive à installer une atmosphère angoissante, dans laquelle le lecteur s’interroge souvent.

La seconde partie est la lutte d’Anna contre le meurtrier, enfin identifié, et sa confrontation avec l’arrivée de troupes aéroportées américaines, venues accomplir une besogne sale et secrète. Là, le thriller se mue en un roman d’espionnage. On retrouve la patte du scénariste à grands effets dans cette partie du roman. Outre le débarquement spectaculaire des troupes, c’est notamment le cas du « méchant » qui n’en finit pas de mourir. Cet aspect un peu trop « film américain à la James Bond » n’est pas du meilleur gout, mais il s’agit là d’un avis personnel. De plus, la découverte de l’identité du tueur n’offre guère de surprise et est assez prévisible, ce qui gâche un peu le « sel » de la fin. Notons toutefois, à son avantage, que l’auteur ne fait pas preuve du manichéisme facile qui confère aux Russes et aux Chinois le mauvais rôle. Tout le monde en prend pour son grade, même la paisible et pacifique Norvège, attirée par les possibles opportunités qu’offre le dégel du pôle.

Arctic Noir Pôle nord