La lectrice disparue

LA LECTRICE DISPARUE

(Hið heilaga orð)

Sigríður Hagalín Björnsdóttir - 2018

51lr1s8lvjl sx195 ♦♦♦♦♦♦

traduction de l’islandais de Eric Boury

  • Editions Gaïa, 2020

 

4ème de couverture (Editions Gaïa) :

« Edda, une jeune blogueuse islandaise, s’enfuit un beau matin sans laisser d’explication, abandonnant son bébé de trois jours. Quand la police découvre qu’elle s’est rendue à New York, son frère Einar accepte de partir à sa recherche. Habitué à pister des disparus dans les immensités islandaises, ce pêcheur et sauveteur chevronné a passé son enfance à courir après sa sœur, toujours cachée – dans les placards, sous le lit – et invariablement plongée dans un livre. Mais il ne s’agit plus de jouer. Einar évolue cette fois-ci dans un environnement étranger, une mégapole, et sa dyslexie ne facilite pas les choses. S’il ne dispose d’aucun indice, quelque chose le pousse à penser que la disparition d’Edda est liée à sa vieille obsession de la lecture et que la clé pourrait se trouver dans un livre. Mais lequel ? Lui qui a toujours été dépendant de sa sœur pour se faire lire des histoires ne sait par où commencer. »

 

Réflexions de lecture :

Etant donné le titre et le rapide résumé que j’ai pu lire, La lectrice disparue promettait d’être un polar ou un thriller. Edda, une passionnée de lecture disparaît et son frère se lance à sa recherche. L’ensemble laisse donc supposer que la trame de l’histoire consiste en une enquête.

En réalité, ce roman, n’est pas un polar. Deux femmes, Júlía et Ragnheiður, ont eu, chacune, un enfant avec le même homme, Örlygur. Les deux femmes emménagent ensemble avec leurs enfants, Edda et Einar. Mais voilà qu’Edda, devenue adulte et qui vient d’accoucher il y a quelques jours, abandonne mari et bébé, pour disparaître sans avertir qui que ce soit. C’est à son frère Einar qu’échoit la délicate mission de se lancer sur ses traces, dans l’immensité de New York. L’enquête qu’il mène pour retrouver sa piste, ainsi qu’un sombre réseau internet mystérieux, donnent un léger aspect thriller au roman, puisque ces éléments créent une forme de suspense.

La romancière fait des allers-retours entre la période contemporaine et le passé. Les chapitres « Jadis », narrent la rencontre de Júlía avec Örlygur, puis l’enfance et l’adolescence d’Edda et Einar. On apprend que les deux enfants vivent, chacun, un événement violent, qui marque une rupture, à un point tel que leur vie change du tout au tout. Les chapitres « Ici » sont constitués des réflexions de Ragnheiður, qui, victime d’un AVC, ne peut plus s’exprimer et est devenue dépendante. Enfin, les chapitres « Jour » sont le récit de l’enquête d’Einar à New York. L’ensemble est ponctué de lettres échangées entre les deux frère et sœur.

Le thème central du roman est celui de l’écrit et de la lecture. L’invention de l’écriture a eu comme conséquence l’asservissement de l’Homme et le contrôle de ses pensées, qui lui sont dictées par les textes. L’Homme a perdu la mémoire qu’imposait la tradition orale et, par là même, son esprit créatif et libre. Un tel bouleversement est en train d’avoir lieu avec le passage de l’écrit au numérique.

Bien que ce ne soit pas à proprement parler un polar, ce roman est passionnant et j’en conseille vivement la lecture.

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