La rivière noire (Myrká) d’Arnaldur Indriðason

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(Situez l'action sur des cartes et découvrez un petit article, avec photos, sur le déplacement de la maison Gröndal, dans Autour de... La rivière noire)

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4ème de couverture (éditions Métailié):

« Dans un appartement à proximité du centre-ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang. Pas le moindre signe d’effraction ou de lutte, aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol… Il semblerait que Runolfur ait agressé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée. Un châle pourpre trouvé sous le lit dégage un parfum puissant et inhabituel d’épices, qui va mettre Elinborg, l’adjointe d’Erlendur et cuisinière émérite, sur la piste d’une jeune femme. Mais celle-ci ne se souvient de rien, et bien qu’elle soit persuadée d’avoir commis ce meurtre rien ne permet vraiment de le prouver. Des indices orientent les inspecteurs vers d’autres sévices soigneusement tenus secrets. En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun. »

 

4ème de couverture (Points policier):

« Le sang a séché sur le parquet, le tapis est maculé. Egorgé, Runolfur porte le t-shirt de la femme qu’il a probablement droguée et violée avant de mourir. Sa dernière victime serait-elle son assassin ? Pas de lutte, pas d’arme. Seul un châle parfumé aux épices gît sur le lit. L’inspecteur Elinborg enquête sur cet employé modèle qui fréquentait salles de sport et bars… pour leur clientèle féminine. »

 

« Il n’a pas été capable de se protéger. Il a connu lui-même les effets du traitement qu’il infligeait. »

 

Réflexions de lecture :

« Il [Erlendur] fixa longuement les flancs de la montagne, silencieux et grave, avant de se mettre en route, à pied, avec sa canne de randonneur et son petit sac à dos. Il avançait à grands pas, cerné par le silence de la nature qui s’était endormie pour l’hiver. Bientôt, il avait disparu dans la brume glaciale »… c’est par ces mots qui finit le roman précédent, Hypothermie. Depuis, nul ne sait bien ce qu’est devenu Erlendur. Pour ses coéquipiers, il a pris quelques jours de vacances dans les fjords de l’Est. Cela ne semble pas bizarre à Elinborg, puisque son chef a déjà « disparu » quelques jours, comme ça, sans donner de nouvelles.

 

Toujours est-il, qu’en attendant, c’est Elinborg le personnage principal de La rivière noire. Elle va devoir enquêter sur le meurtre sauvage d’un homme, dont elle se rend compte au fil de ses investigations, qu’il est un violeur. Entre compassion pour les femmes victimes de viol, mais qui pourraient être coupables de meurtre, et désir d’élucider l’affaire, les sentiments de l’enquêtrice sont souvent mis en balance. Une réflexion intéressante sur la finalité du crime. Y a-t-il des crimes justes ?

 

Le début du livre commence par une scène où le violeur tisse sa toile autour de sa proie, puis, quelques lignes plus loin, par l’arrivée de la police après la découverte du corps égorgé. Un bon scénario de série policière !

 

Comme à son habitude, Arnaldur nous entraine sur d’autres voies : une autre jeune fille victime d’un viol, une disparition inexpliquée d’une jeune lycéenne, quelques années plus tôt. Et si le violeur assassiné, était aussi coupable dans ces affaires ? Elinborg écume les lieux malfamés de Reykjavik, visite les drogués, contacte les dealers, au péril de sa vie, pour remonter la piste du Rohypnol, la drogue du violeur, que la victime utilisait pour ses forfaits et qu’on lui a fait ingurgiter avant de l’égorger. Son enquête la mène dans le village d’enfance de violeur, que l’auteur ne cite pas précisément. On sait que c’est un village isolé, au fond d’un fjord, accessible par avion, puis par voiture. Une pension, un restaurant et un garage… Le titre islandais du roman nous fournit peut-être un renseignement. Myrká est une bourgade, proche de l’Eyjafjörður, non loin d’Akureyri. Seul grain de sable, Myrká n’est pas au bord de la mer.

 

Comme il le faisait avec Erlendur, l’auteur emmène le lecteur dans l’intimité d’Elinborg, dont on fait réellement la connaissance. En couple avec Teddi, un garagiste, elle est mère de deux garçons et d’une fille, Théodora, qui semble être sa préférée. Ils ont aussi adopté Birkir, neveu de Teddi, qui, à sa majorité, a quitté le foyer pour aller vivre en Suède, chez son père biologique, qui, jusque-là, n’avait pas manifesté d’intérêt pour son fils.  Elinborg se confronte à son aîné, Valthor, qu’elle sent s’éloigner d’elle, et qui passe des heures devant les écrans, notamment en tenant un blog dans lequel l’adolescent livre ses sentiments. Doit-elle lui dire qu’elle a lu ce blog ? Que penser du reproche que Valthor lui fait de ne jamais avoir traité Birkir comme son véritable enfant, alors qu’elle a tout fait pour cela ? Mystérieuse et complexe adolescence ! Ces difficultés familiales la conduisent à se poser des questions sur sa vie professionnelle : passe-t-elle suffisamment de temps avec Teddi et ses enfants ? Heureusement que sa passion pour la bonne cuisine lui permet de s’évader un peu.

 

Le roman se termine pas deux grandes interrogations : Le violeur assassiné, Runolfur, est-il aussi coupable de la disparition de Lilja, quelques années plus tôt, à Akranes ? Qu’est devenu Erlendur, parti sur les traces de son frère disparu ? L’appel téléphonique d’une Valgerdur sans nouvelles, puis celui de la police d’Eiskifjörður signalant sa voiture abandonnée, ne devraient-ils pas inquiéter ses collègues ?

 

Pour compléter votre lecture, rendez-vous autour de... La rivière noire.

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