Le filet (Netið) de Lilja Sigurðardóttir

Le filet 1 Le filet (Netið) de Lilja Sigurðardóttir

(Retrouvez la carte des lieux principaux et écoutez la chanson finale dans Autour de... Le filet)

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4ème de couverture (Editions Métailié):

« Sonja est contrainte de transporter des valises de drogue pour pouvoir continuer à voir Tómas, son petit garçon. Il faut avouer qu’elle a un vrai talent de passeuse et un complice inattendu à la douane de Keflavík. Elle rêve de fuir les chantages affectifs : celui de son ex-mari, celui de sa compagne, l’ex-banquière à l’amour encombrant, qui a détourné les fonds d’un puissant homme politique et passe devant une commission d’enquête financière.

Mais son exceptionnel sens pratique et son sang-froid finissent par la mettre dans une situation inextricable et elle découvre que la perversité des femmes peut être bien plus redoutable que la cruauté des hommes. Sonja prend alors les événements à bras-le-corps et s’attaque aux plus puissants des malfrats.

 

Une histoire pleine de surprises : une intrigue internationale menée tambour battant, du chantage à l’amour maternel, un double jeu inquiétant, une héroïne élégante hors du commun, le tout sur un rythme sans faille. Lilja Sigurðardóttir confirme son talent de nouvelle reine du thriller. »

 

Réflexions de lecture :

Dans Le filet, le deuxième roman de la trilogie Reykjavik Noir, nous retrouvons les principaux protagonistes, dont nous avions fait connaissance dans Piégée : Sonja, la passeuse de drogue et son fils Tómas ; Adam, son redoutable ex-mari, à la tête du trafic ; Agla, la banquière véreuse, amante de Sonja ; Bragi, le douanier aux portes de la retraite, qui s’occupe de sa femme Valdís, atteinte d’Alzheimer…

Comme précédemment, Lilja Sigurðardóttir fait la part belle aux femmes. Elles y tiennent les rôles majeurs. Si les hommes se montrent parfois durs et cruels, les femmes le sont tout autant, le cynisme en plus. Une des originalités de ce polar tient dans le fait que les enquêteurs jouent un rôle secondaire. Ce sont les criminels qui sont les protagonistes principaux. C’est donc à certains d’entre eux – et en particulier à Sonja – qu’on s’attache.

Les personnages sont tout en nuance. Les «  bons » ont quand même des choses à se reprocher. María, l’enquêtrice, mène ses investigations dans l’illégalité, alors que Finnur, son supérieur la manipule. Bragi, le bon vieux douanier, ferme les yeux sur les trafics de Sonja et empoche l’argent au passage. Alors que les « mauvais », ont aussi leurs penchants humains, à commencer par Sonja elle-même.

Le roman nous entraine dans deux domaines différents ; celui du trafic de drogue et celui de l’escroquerie financière. Avec Le filet, Lilja Sigurðardóttir, fait prendre une dimension internationale à ses histoires. Si l’essentiel du roman se déroule en Islande, le lecteur est entrainé dans un voyage autour du monde: Floride, Mexique, Luxembourg, Amsterdam, Paris, Londres et même le Groenland ! Les personnages sont pris dans une sorte de tourbillon, dont il est difficile de s’échapper. Ils ne sont pas maîtres de leurs choix, de leur destin, ou, en tout cas, pas entièrement. C’est ce que sous-entend le titre du livre, traduction fidèle de l’islandais, évoquant un filet, une toile, qui se tisse autour des personnages, qui deviennent des victimes.

L’œuvre célèbre aussi l’amour, ou plutôt les amours. L’amour passionnel d’Agla pour Sonja, qui ne semble pas réciproque. L’amour de Sonja pour son fils, Tómas, dont elle veut récupérer la garde et qui la conduit à jouer les « mules » pour les narcotrafiquants, allant même jusqu’aux limites extrêmes. L’amour de Bragi pour sa femme Valdís, à qui il veut offrir une fin de vie douce et paisible, chez eux, loin des maltraitances et négligences de la maison de retraite, n’hésitant pas, pour financer son projet, à se rendre complice de Sonja dans ses convoyages de drogue.

La composition du roman, en succession de chapitres courts et nombreux – il y en a 114 sur 300 pages – qui alternent les aventures des différents protagonistes, donne un rythme dynamique et suscite, sans cesse, l’intérêt du lecteur. En revanche, un petit bémol, pour un novice en la matière comme moi ; il est parfois difficile de comprendre et suivre les arcanes des montages financiers et il m’est arrivé de lire certains passages un peu en diagonale. Mais, ces problèmes n’altèrent en rien la compréhension du roman. On retrouve les mêmes recettes que dans Piégée. A part, la dimension internationale, Le filet n’apporte rien de nouveau. Qu’à cela ne tienne, ce roman est bel et bien la suite du précédent, puisqu’il s’inscrit dans une trilogie, et il faut le prendre comme tel.

A noter, au détour d’une page, un petit clin d’œil de Lilja à sa consœur Yrsa Sigurðardóttir.

 

Lilja Sigurðardóttir confirme sa dimension d’auteur de polar et Le filet se laisse lire avec intérêt, envie et plaisir. Vivement le troisième volet, La cage, annoncé pour 2019.