Le mur des silences (Þagnarmúr) d’Arnaldur Indriðason

LE MUR DES SILENCES (Þagnarmúr)

Arnaldur Indriðason

Editions metailie com le mur des silences mur des silences ok 300x460 2♦♦♦♦♦♦

Présentation de l’éditeur (éditions Métailié):

C’est une maison dans laquelle les femmes ne se sont jamais senties bien, les familles n’y sont jamais restées longtemps. Une médium dit même y avoir perçu une sensation d’étouffement. Pendant des travaux de modernisation, le mur de la cave s’écroule et un corps apparaît.

Konráð enquête et met au jour des mystères anciens.

Dans le même temps, il presse la police d’élucider le meurtre de son père, mais il a oublié, qu’à l’époque, l’enfant qu’il était avait menti et il se retrouve soupçonné.

Toujours dans une ambiance à la Simenon et avec Konráð, un héros ici très ambigu, moyennement sympathique, noyé dans l’alcool et la solitude, un roman noir magistral dans lequel le passé et les victimes oubliées ressurgissent.

Un nouveau best-seller du roi du polar islandais.

 

Réflexions de lecture :

Comme dans les volumes précédents de la série qui tourne autour de l’ancien policier Konráð, Arnaldur entraîne le lecteur dans quatre histoires différentes, traitées en parallèle, sur trois périodes distinctes, qui ne manqueront pas d’être reliées entre elles à la fin.

  • A l’occasion de travaux, un squelette est retrouvé dans une maison au passé trouble. Il s’agit d’une personne qui fut emmurée ; ce qui déclenche donc une enquête policière.
  • L’histoire, à la fin de la seconde guerre mondiale, d’une femme battue par son mari violent et qui cherche à se défaire de son emprise.
  • Les aventures de trois voyous qui commettent un cambriolage.
  • La suite des investigations de Konráð sur le meurtre de son père, des décennies auparavant.

Les trois premières histoires tournent toutes autour du thème des violences physiques, psychologiques et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Le hasard fait que ce sujet fait écho à un récent article sur l’inquiétude d’une Islande qui est, à la fois le pays le plus égalitaire du monde, mais aussi celui qui possède l’un des taux de violences conjugales et sexuelles le plus élevé. On ne peut s’empêcher de retrouver l’atmosphère du remarquable roman d’Arnaldur, La femme en vert. L’auteur avait aussi déjà abordé le thème de la pédophilie dans La voix. De là à dire que ce roman fait un peu « réchauffé », il n’y a qu’un pas que les amateurs pourraient franchir à l’occasion de plus d’une page.

Le mur des silences s’inscrit dans la suite des trois autres ouvrages de la série, par l’enquête récurrente que mène Konráð sur son père, mais aussi par des références précises aux affaires qui constituent le cœur du deuxième opus de la série : Les fantômes de Reykjavík. L’auteur continue de plonger ses personnages dans une atmosphère étrange créée par le rôle de médium d’Eyglo, qui sent et ressent même physiquement, des événements qui se déroulèrent plusieurs années auparavant.

L’enquête sur le meurtre de Seppi, le père de Konráð, une nuit, près des abattoirs connaît un bon fulgurant pour en arriver, presque, à un dénouement. Mais connaissant Arnaldur, il n’est pas sûr que Konráð ait encore bien abouti.

Dans la mesure où l’on a affaire à un excellent romancier, Le mur des silences est un bon roman, qui nécessite cependant d’avoir lu les trois précédents de la série pour une parfaite compréhension. Cependant, les lecteurs assidus d’Arnaldur risquent d’être un peu déçus par un certain ressassement et l’impression de partir dans plusieurs directions, tous azimuts. L’inspiration commence-t-elle à se tarir en ce qui concerne le vieux flic Konráð ? D’ailleurs, le nouveau livre d’Arnaldur paru cet automne en Islande, change complètement, puisqu’il s’agit d’un roman historique.

Arnaldur Indriðason Konrað