Le septième fils (Sjöundi sonurinn) d'Árni Þórarinsson

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(vous voulez voir des photos d'Isafjörður ou en savoir plus sur les quotas de pêche en Islande, alors rendez-vous autour de... Le septième fils)

(Pour retrouver et écouter les références musicales du roman, rendez-vous dans Polar et culture... Les musiques d'Árni Þórarinsson)

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4ème de couverture (éditions Métailié) :

« Les soirées sont longues dans le port d’Ísafjörður, la capitale des fjords de l’ouest de l’Islande, quand on est chargé de traquer le scoop par un rédacteur en chef avide de sensationnel et qu’on rêve de retrouver sa nouvelle petite amie laissée à Reykjavík. Et puis on découvre que les bars des hôtels abritent des célébrités intéressantes, une séduisante vedette du football international et son copain d’enfance, qui le suit comme son ombre et profite de ses conquêtes, une chanteuse pop qui a failli gagner le titre de la Nouvelle Star, les groupies respectives de ces gens importants, et une petite troupe d’adolescents en révolte. Des maisons brûlent, des tombes sont profanées, des touristes lituaniens sont volés et soupçonnés de trafic de drogue, des droits de pêche ont été bradés, tout s’emballe, tandis qu’à  Reykjavík on retrouve le corps d’un homme politique, nouvel espoir de la gauche et ex-mari de la mère de la presque Nouvelle Star.

Einar, le correspondant du Journal du soir, malmené par la séduisante commissaire de police, mène l’enquête avec son air désabusé, sa nonchalance et une ironie qui lui permettent d’apprivoiser les témoins et de porter un regard sans préjugés sur les événements.

Ce périple dans une Islande mondialisée nous montre les transformations d’une société au bord de la crise économique, et nous fait voyager au rythme du blues et du rock chers à l’auteur. »

 

4ème de couverture (Folio policier):

« Etre envoyé dans les fjords de l’ouest islandais, autant dire dans le désert, ressemble à une punition pour Einar, reporter de talent. Jamais il ne trouvera un scoop là-bas ! Pourtant, dès son arrivée sur le tarmac enneigé de la ville d’Ísafjörður, Einar réalise que cet exil forcé va être animé : maisons brûlées, disparitions, profanations, meurtres. La sauvagerie embrase les confins du monde… »

« Ici, c’est le diable qui mène la danse. »

 

Réflexions de lecture

Le paradoxe de ce roman est de se situer dans un coin perdu, là où il ne se passe jamais rien, tout en étant un condensé de la société islandaise soumise à la mondialisation.

Le journaliste Einar est envoyé comme reporter dans le port d’Ísafjörður, dans les fjords du nord-ouest, région retirée, à l’écart du reste du pays. Comme le personnage le dit lui-même : « Ísafjörður ? Qu’est ce qu’il peut bien se passer là-bas ? »

 

A travers quelques faits curieux, une maison qui part en fumée et une profanation de cimetière quelque peu scatologique, c’est toute la société islandaise qui est remise en question. Árni Þórarinsson a le chic pour en montrer les craquements : alcoolisme, drogues, séparations, chômage, crise économique… La communauté d’Ísafjörður est entrainée, malgré elle, dans le tourbillon de la mondialisation. A travers ce polar, on peut de demander légitimement quel endroit de la planète peut-il, aujourd’hui, échapper à cette mondialisation ? Qu’on en juge plutôt : du trafic de drogue lié aux mafias de l’ex-URSS (mais est-ce bien le cas ici ?), vente douteuse des quotas de pêche de la ville à une entreprise privée (le sacro-saint libéralisme économique est à l’œuvre), des vedettes internationales de football et l’attrait de la télé réalité. Drogue, manœuvres politico-économiques, foot, télé-réalité ; mais de quel pays parle-t-on ? Comment le savoir, tant ces sujets sont à l’ordre du jour de toutes les nations développées ou en développement. On pourrait aussi bien être dans un port français !

 

Face à cela, des résistances voient le jour. Elles prennent la forme, d’un groupe de jeunes désœuvrés, d’allure gothique, qui à grands renforts de hard rock et de pétards, vouent la société de leurs parents aux gémonies. Des coupables tout désignés ! Elles prennent aussi la forme d’un vieux flic, nostalgique du passé et misogyne sur les bords, qui peste contre la perte des valeurs chrétiennes. Et ce n’est pas le nouveau pasteur, progressiste et très libéral, qui le soutiendrait dans ce combat.

 

C’est dans cette ambiance qu’Einar  trouve enfin de quoi pondre un article intéressant autre qu’un panorama de la situation catastrophique de la pêche en déclin. Bien vite, de nouveaux faits, plus graves, viennent s’ajouter aux premiers : un vol du camping-car de deux touristes lituaniens, la mort suspecte, à Reykjavík,  d’un leader politique à l’avenir prometteur mais que l’histoire personnelle relie à Ísafjörður et la découverte de deux cadavres carbonisés. Malgré son air désabusé et un certain flegme, notre journaliste, aidé par une collègue basée dans la capitale et par la commissaire du coin, doit démêler, patiemment, témoin après témoin,  cet écheveau, qui prend racine dans le passé, quitte à y laisser quelques plumes. Il doit, en parallèle, gérer ses doutes au sujet de sa relation avec sa nouvelle petite amie ; il doit aussi lutter contre ce mal qui l’a rongé et dont il essaie de se défaire : l’alcoolisme.

 

Pour compléter votre lecture, rendez-vous autour de... Le septième fils

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