Nátt (Myrknætti) de Ragnar Jónasson

001 11 Nátt (Myrknætti) de Ragnar Jónasson

(Pour en savoir plus sur le tunnel de Siglufjörður, la fameuse éruption de l'Eyjafjöll en 2010 et voir la carte des lieux, rendez-vous Autour de... Nátt.)

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4ème de couverture (Editions de La Martinière):

« C’est l’été à Siglufjörður. Le climat de ce village du nord de l’Islande est si rude que le jeune policier Ari Thór voit arriver avec soulagement cette saison où le soleil brille à toute heure du jour et de la nuit. Mais le répit est de courte durée. Un homme battu à mort est découvert sur les bords d’un fjord tranquille. Une jeune journaliste vient fouiner d’un peu trop très. Que cherche-t-elle à découvrir ? Ou à étouffer ?

Surtout, l’éruption de l’Eyjafjallajökull recouvre peu à peu toute l’Islande d’un épais nuage de cendres. Cette étrange « nuit » - nátt, en islandais – faite remonter les secrets les plus enfouis. Personne ne sera épargné. Pas même Ari Thór, qui doit pourtant boucler son enquête au plus vite, s’il veut éviter de nouveaux crimes. »

 

 

Réflexions de lecture :

Si Nátt est le troisième volume de la série Dark Iceland, paru en France, il se situe, dans la chronologie éditoriale islandaise, entre les deux précédents : Snjór et Mörk. D’où un retour en arrière quant à l’évolution des personnages par rapport au dernier volume.

                Les premiers chapitres permettent à l’auteur de rappeler qui sont les personnages principaux et de les présenter à l’éventuel nouveau lecteur. Il présente notamment le cadre familial et sentimental de ses protagonistes. L’action se déroule sur deux jours, en été, dans la région de Siglufjörður, ville chère à Ragnar Jónasson, et à Reykjavík. Le roman est donc divisé en deux parties : premier et deuxième jour. Cependant, alors que la majorité des chapitres est écrite selon le point de vue d’un narrateur extérieur, quelques chapitres sont écrits en italique, à la première personne du singulier. Ces passages reportent le lecteur un an avant l’action principale.

                Le poids du passé tient une place primordiale. Les personnages ne sont pas lisses ; ils portent leurs actes passés et ce qu’ils ont subi dans leur enfance, comme un boulet. De nombreux non-dits pèsent sur l’intrigue et ne sont révélés qu’à la fin, alors que l’action s’accélère. L’enquête, sur le meurtre d’un ouvrier du chantier du tunnel, est menée de front, et de façon indépendante, par la police, avec Ari Thór en tête, et par une journaliste de Reykjavík, Isrún, qui a hâte d’échapper à la capitale, recouverte des cendres de l’Eyjafjallajökull, qui alourdit l’air et obscurcit les journées.

                On sent une rivalité entre les personnes. Isrún cherche à échapper à l’emprise d’Ívar, le chef de rédaction de son journal et livrer le scoop, qui la grandira aux yeux de la directrice et sauvera sa place. Ari Thór convoite le poste de son supérieur et ami, Tómas, qui est tenté de tout laisser tomber pour rejoindre sa femme à Reykjavík. Mais c’est Hlynur, le vétéran, à qui devrait échoir le poste, à moins que son récent manque d’enthousiasme et ses préoccupations personnelles, ne le condamnent aux yeux de l’inspecteur principal.

                Avec Nátt, Ragnar Jónasson nous offre un roman haletant, dont les rebondissements créent un suspense et poussent le lecteur à vouloir connaitre le dénouement. C’est un très bon roman et, pour moi, le meilleur des trois.