Nuuk

NUUK

Mo Malø

9782732492230 1 75 ♦♦♦♦

  • Editions La Martinière, mai 2020.

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Groenland...

Dans les villages du Groenland, une étrange épidémie de suicides touche les jeunes gens. La misère sociale et la rudesse climatique n’expliquent pas tout.

Après un long passage à vide, la hiérarchie de Qaanaaq Adriensen l’a autorisé à reprendre son poste de chef de la police de Nuuk, la capitale du pays. Mais sous deux conditions : être suivi par une thérapeute et renoncer aux expéditions sanglantes qui ont fait sa réputation. Hélas, ses démons le reprennent vite, au grand dam de son adjoint inuit, Apputiku Kalakek.

Qaanaaq découvre que les différentes morts sont liées par les traces du passage d’un mystérieux chamane chez plusieurs victimes. Et partout où se rend le policier, lui sont livrées, colis après colis, les pièces d’un puzzle macabre. Paranoïaque, disent–ils ? Qaanaaq veut prouver à tous que ses failles n’ont pas atteint ce qu’il a de meilleur en lui : son instinct de chasseur.

 

 

Dans Nuuk, le troisième tome des aventures de Qaanaaq Adriensen, nous retrouvons le policier en mauvaise posture. En effet, sa reprise du travail en tant que responsable de la police du Groenland est conditionnée par une psychothérapie. En outre, il est, pour l’instant, privé d’enquête et doit se contenter d’une tournée des principaux postes de police de la gigantesque île. Masi, très vite, son attention de fin limier est attirée par une série de suicides de jeunes filles.  L’angoisse monte quand Qaanaaq devient destinataire de colis macabres ; un cadavre lui est expédié morceau par morceau.

Ce troisième tome nous permet de découvrir encore plus profondément la personnalité de Qaanaaq et son rapport avec ses parents, adoptifs et biologiques. Il permet aussi au personnage d’Appu, l’adjoint de Qaanaaq, de prendre plus d’ampleur. Mo Malø profite du récit pour dresser un panorama sans concession de la société groenlandaise et, notamment de la situation des adolescents du pays. Ces derniers détiennent le record d’abus intra–familial et de suicides.

Je réitère, malheureusement, une critique à l’éditeur, déjà formulée à propos des précédents volumes, mais aussi d’autres romans. C’est bien regrettable de voir tant de fautes d’orthographe des noms propres. Ici, ce sont les lettres qui sont inversées, là, des lettres qui deviennent doubles, au fil des pages. Les éditions de La Martinière ne peuvent–elles pas faire preuve de davantage de professionnalisme ?

Pour terminer, je trouve que le choix du titre, Nuuk, nom de la capitale du Groenland, n’a pas beaucoup de pertinence. L’action ne se déroule pas plus à Nuuk, qu’en d’autres endroits de l’île. De plus, la ville elle–même ne tient pas un rôle fondamental.

 

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