Présages (Feigð) de Stefán Máni

Images 3 Présages (Feigð) de Stefán Máni

( Retrouvez des photos et des articles de Súðavík, de la prison de Litla Hraun et de la conserverie Frosti dans Autour de... Présages.)

(Dans Les musiques de Stefán Máni, vous pourrez écouter les morceaux cités dans le roman.)

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4ème de couverture (Gallimard, série noire):

« Après avoir survécu à un naufrage où Pétur, le capitaine du bateau, a péri, le jeune Hrafn échappe, presque par miracle, à l’avalanche qui dévaste Súðavík, son village des fjords de l’Ouest, et décime l’ensemble de sa famille. Désormais seul au monde, il s’engage dans une relation complexe et tumultueuse avec María, la fille déjantée du défunt capitaine. Immature et influençable, María le quitte bientôt pour Símon, un dealer notoire ultra-violent dont Hrafn est certain qu’il la terrifie afin de la maintenir sous son emprise. Quelques années plus tard, Hrafn vit avec une autre femme. Devenu policier, il cultive toujours sa vieille obsession de coincer Símon pour arracher María à ses griffes. »

 

Réflexions de lecture :

Présages est divisé en trois parties. La première partie se passe dans les fjords de l’ouest, à Súðavík, où le lecteur fait connaissance de Hrafn, le personnage central, jeune paumé, qui échappe à un naufrage, une avalanche qui tue sa famille et un accident de voiture ; rien que ça ! Il s’agit, à ce stade, plus d’un roman dramatique qu’un polar. Dans la deuxième partie, nous retrouvons Hrafn, près de quinze ans plus tard, qui est devenu policier à la criminelle de Reykjavík. Il est désormais marié et semble rangé. Mais son passé le hante et il consacre une bonne partie de son travail et de sa vie à arracher María, son amour de jeunesse, des griffes d’un voyou notoire, Símon. La troisième partie sert de synthèse des deux autres. Elle se passe quelques années plus tard. Hrafn est retourné dans les fjords de l’ouest. Il a quitté la police, s’est engagé dans l’usine de crevettes et consacre ses temps libres à la réfection d’un vieux rafiot. Mais le passé s’impose à nouveau à lui et le conduit sur les routes enneigées et dangereuses d’Islande, où une course contre la montre s’engage entre Reykjavík et Súðavík.

                Stefán Máni construit son roman de façon déroutante. Chaque partie est découpée en paragraphes, numérotés. Mais plusieurs fois, au beau milieu d’une partie, la numérotation repart à zéro. De plus, les tailles de ces parties sont très déséquilibrées et varient d’une ligne à une vingtaine de pages. Cette irrégularité permet un rythme soutenu

                Par la précision des descriptions de lieux, de personnes (aspects physiques, odeurs, vêtements…) ou d’objets, les voitures notamment, l’auteur rend l’histoire très réaliste. Il permet au lecteur de plonger dans l’intimité du personnage principal, Hrafn, par quelques scènes érotiques mais surtout par des descriptions oniriques.

                Ce roman nous entraîne sur les pas de ce jeune Hrafn, prisonnier de son passé, courant après un amour à jamais perdu. Même si l’aspect « polar » ne constitue pas la trame principale de l’ouvrage, c’est une belle réussite.

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