A la grâce des hommes

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A LA GRACE DES HOMMES

Hannah Kent - 2013

Burial Rites (traduction de l’anglais de Karine Reignier-Guerre)

  • Presses de la cité, 2014
  • Pocket n° 16125, 2016

Agnes Magnúsdóttir, servante dans l'Islande austère et violente du XIXe siècle, est condamnée à mort pour l'assassinat de son amant et placée dans une ferme reculée en attendant son exécution. Horrifiés à l'idée d'héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Tóti, le révérend chargé de préparer la jeune femme à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Au fil des mois, Agnes raconte sa vérité, aussi terrible soit-elle à accepter. Mais la justice des hommes est en marche, et pourquoi Agnes réapprendrait-elle à vivre si c'est pour mourir ?

Inspiré d'une histoire vraie, A la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous pensons connaître et celle à laquelle nous voulons croire. Avec ce premier roman à l'atmosphère lyrique et ample, Hannah Kent s'impose d'ores et déjà comme l'un des grands écrivains de sa génération.

« Construit comme un suspense psychologique, ce premier roman est noir comme le chagrin et les corbeaux qui  surplombent les sommets enneigés. »

– Elle.

« Un roman touchant, historiquement fouillé et très bien écrit. » – Ouest France.

 

A la grâce des hommes n’est pas un polar islandais. Certes, son action se déroule dans l’Islande du début du XIXème siècle et il y est question de meurtres. Mais, pas d’enquête… on connaît les coupables. Ils ont été arrêtés, jugés et condamnés à mort. Prenant appui sur un événement réel, celui de la dernière exécution capitale en Islande, en 1830, l’auteur australienne Hannah Kent se focalise sur les dernières semaines de l’une des meurtrières, Agnes Magnúsdóttir. Faute de moyens, cette dernière est placée chez un couple de fermiers et leurs deux filles, en attendant son exécution par décapitation.  Hannah Kent déroule son histoire alternant la vie de cette ferme avec cette intruse, les pensées profondes d’Agnes, qui remonte sur son passé et, surtout, ses conversations avec un tout jeune pasteur, Tóti Jónsson, qu’elle a choisi pour l’accompagner spirituellement vers la mort, ainsi qu’avec la maîtresse de maison, Margrét. On découvre, petit à petit, toute l’histoire et la relation d’Agnes avec sa future victime, le ténébreux et mystérieux Natan.

La romancière nous offre un drame psychologique, où l’on assiste à l’évolution des caractères et des sentiments des personnages vis-à-vis de la condamnée. Le roman est, en même temps, une peinture sociale de l’Islande des années 1820, avec ses paysages lourds, ses fermes de tourbe, le poids de la religion luthérienne et la lutte quotidienne pour survivre dans cet univers. Comme pour nous rappeler que son roman se fonde sur une réalité historique, Hannah Kent parsème le livre de brefs textes retrouvés dans les archives : lettres, compte-rendu d’auditions, décisions de justice, etc…

C’est un très bon roman dont je vous recommande vivement la lecture.