Trahison (Svik) de Lilja Sigurðardóttir

TRAHISON (Svik)

Lilja Sigurðardóttir

Trahison ♦♦♦

4ème de couverture (Editions Métailié):

« Rétrospectivement, c’est la promesse faite par Úrsúla son premier jour de travail qui l’a menée à sa perte.

C’est dur de faire de la politique pour une femme même si on est habituée au danger des zones de guerre ou de maladie. Comment mesurer les limites de la perversité du monde politique quand on est novice ? Comment réagir lorsqu’on devient la cible systématique de violentes attaques sur les réseaux sociaux, que les médias traquent vos paroles et vos attitudes, qu’on est l’objet d’une attention faussement compatissante mais réellement méprisante de la part de ses collègues politiques ? Qu’on doit engager une garde du corps parce qu’on est harcelée ?

On s’entoure de gens dans lesquels on a confiance. Mais la trahison ne vient–elle pas toujours des plus proches ? »

 

Réflexions de lecture :

Trahison est un roman « indépendant » de Lilja Sigurðardóttir, qui ne fait partie d’aucune série.

Úrsúla, qui a passé une partie de sa vie dans des missions humanitaires au Libéria et en Syrie, se voit proposer le poste d’un vaste ministère regroupant l’intérieur, la justice et les transports. Poste qu’elle accepte. Politiquement, Úrsúla s’aperçoit qu’elle a été choisie pour servir de fusible, pour assumer l’abandon d’un projet routier populaire, que le gouvernement doit pourtant annuler. Elle apprend bien vite les arcanes du pouvoir, jalonnés de jalousies et de coups bas.

Dès le début de son installation, la ministre est confrontée à deux histoires, qui vont servir de colonne vertébrale au roman. D’une part, une mère de famille vient la solliciter pour relancer un dossier judiciaire concernant une plainte pour viol, déposée par sa fille, contre un policier chez qui elle faisait du babysitting. Lilja s’ingénue à distiller le doute sur cette affaire, qu’on essaie visiblement d’étouffer. D’autre part, un vagabond tente par tous les moyens d’entrer en contact avec Úrsúla, pour la mettre en garde contre un grand danger. Mais, ses multiples tentatives vont davantage ressembler à du harcèlement et à des agressions, qu’à une volonté de communiquer. Malheureusement, quand Úrsúla, aidé de son chauffeur et garde du corps, Gunnar, comprendra qu’il est impératif de retrouver et discuter avec ce vagabond, ça sera trop tard.

Côté personnel, la nouvelle ministre a du mal à faire le point sur sa vie sentimentale. Elle demeure amoureuse de son mari, qu’elle trompe pourtant avec un journaliste. L’affaire du vagabond la replonge dans son passé et dans ses relations avec son père, mort en cellule de dégrisement, plusieurs années auparavant, tué lors d’un accès de folie de son codétenu.

Par comparaison avec ses précédents livres de Lilja, celui–ci ne m’a pas bien convaincu. Non pas que ce roman soit mauvais, mais il m’est apparu terne. Le début traine en longueur et il faut attendre un certain temps avant d’entrer dans le vif du sujet. Je me suis longtemps demandé si Trahison était bel et bien un polar ou un thriller. J’ai l’impression que Lilja s’égare un peu sur quelques sujets comme certaines relations amoureuses ou la sorcellerie islandaise. Ces thèmes, en soi, ne sont pas inintéressants, mais on peut se demander ce qu’ils apportent au roman. Bref, Trahison me donne l’impression d’une œuvre transitoire, qui n’a pas été bien travaillée, un peu comme ces chanteurs à qui la maison de production impose de sortir un album !

Lilja Sigurðardóttir